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Gabon : Plus de 3 262 milliards FCFA de masse salariale entre 2023 et 2026

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Entre 2023 et 2025, la masse salariale du Gabon a connu une croissance soutenue, passant de 704 milliards FCFA en 2023 à plus de 825,3 milliards FCFA en 2025. En 2026 ce sont près de 960 milliards de FCFA qui sont annoncés, soit une hausse de plus de 36% en trois ans. Cette trajectoire reflète non seulement l'effet cumulé des revalorisations salariales, des recrutements et du rattrapage d'arriérés, mais aussi une dynamique structurelle de hausse des dépenses de fonctionnement. Elle rajoute une pression croissante sur les finances publiques, notamment dans un contexte où les recettes budgétaires restent dépendantes des cours des matières premières, en particulier le pétrole.

En effet, Le poids de la masse salariale dans le produit intérieur brut (PIB) national révèle une tendance qui n'est pas nouvelle. En 2023, avec un PIB estimé à 1 1793 milliards FCFA, la masse salariale représentait environ 6%. En 2024, elle grimpe à 6,2% avec un PIB de 1 2 89 milliards FCFA, et pourrait atteindre plus de 7% en 2026 si la croissance du PIB reste modérée. Cette montée progressive du poids des salaires dans la richesse nationale traduit une rigidification du budget de l'État et limite sa capacité à financer d'autres priorités comme les investissements productifs ou le remboursement de la dette.

Pourtant, l'État affiche une ambition d'investissement exponentielle. En 2026, les annonces évoquent plus de 3300 milliards FCFA mobilisés pour des projets de développement, auxquels s'ajoutent 177 milliards pour l'équipement. Ce contraste entre la dynamique des salaires et celle des investissements pose logiquement la question de la soutenabilité budgétaire. L'augmentation simultanée des deux postes nécessitera une forte mobilisation des ressources intérieures et extérieures d'une part et de l'autre cette discipline budgétaire que prône le nouveau ministre de l'Economie.

Si la hausse des salaires, qui devrait être porté en 2026 par la régularisation des situations administratives évaluées à 40,9 milliards de FCFA, permet de stabiliser l'emploi public et soutenir la consommation, elle semble également être devenue un goulot d'étranglement limitant les marges de manœuvre pour l'investissement et la modernisation de l'économie. BAD, FMI, Banque Mondiale et même des partenaires comme Afreximbank plaident pour une gestion budgétaire proactive, fondée sur la transparence, la rationalisation des effectifs et l'exécution efficace des projets. Reste à savoir si le gouvernement gabonais l'entendra de cette oreille pour éviter l'effet "ciseau" budgétaire.

Publié le 03/10/25 13:21

La Rédaction

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