Créée par décision gouvernementale en février 2025, la Société de Gestion de la Logistique et des Infrastructures Minières (SOGELIM) devait constituer l'un des piliers de la nouvelle politique minière gabonaise. Pensée comme un véhicule public stratégique, elle a été présentée comme chargée de détenir, gérer et structurer les participations de l'État dans les infrastructures logistiques liées au secteur minier : ports, chemins de fer, plateformes industrielles et services connexes. Son lancement intervenait dans un contexte de refonte globale du modèle extractif, marqué par l'objectif affiché de transformation locale des minerais.
Sa création répondait à un diagnostic : les contraintes logistiques constituent le principal frein à la montée en gamme du secteur minier gabonais. En centralisant les actifs logistiques au sein d'une entité dédiée, l'État entendait sécuriser l'accès aux infrastructures critiques, mutualiser les investissements lourds et renforcer sa capacité de négociation face aux opérateurs privés. Dans les documents et communications officielles, la société était ainsi appelée à jouer un rôle transversal sur les projets structurants liés au manganèse, au fer et à la potasse.
Présentée comme un acteur public de référence dans les discussions autour du corridor minier Belinga-Kobe-Kobe, incluant notamment le projet de port minéralier en eau profonde développé en partenariat avec Fortescue. Néanmoins, sur le plan financier et opérationnel, la SOGELIM n'a pas vocation à porter directement les investissements, son rôle serait plutôt de structurer les montages, sécuriser les actifs stratégiques et capter une partie de la valeur générée par les infrastructures.
Pourtant, les éléments publics disponibles la concernant restent limités : capital effectivement libéré, gouvernance opérationnelle, conventions signées ou portefeuille d'actifs confiés ne sont pas encore clairement documentés. À l'approche de 2030, alors que l'État gabonais vise une contribution du secteur minier portée à près de 30 % du PIB, le facteur temps devient urgent. Près d'un an après son annonce, la concrétisation opérationnelle de la SOGELIM semble encore en décalage avec l'urgence du calendrier industriel, notamment au regard de l'échéance de 2029 sur le manganèse et des projets lourds d'infrastructures à engager.
Publié le 06/02/26 10:15
La Rédaction
SN
CEMAC