Le marché gabonais de l'assurance reste fortement concentré autour d'un noyau restreint d'opérateurs. Selon les données du Tableau de bord de l'économie 2024 avec perspectives 2025-2026, publié par la Direction générale de l'Économie et de la Politique fiscale (DGEPF), le groupe OGAR, le groupe SUNU, ASSINCO et SANLAM IARD captent à eux seuls 79 % des parts de marché nationales en 2024, confirmant une structure oligopolistique du secteur.
Sur le plan de l'activité, les sinistres réglés par l'ensemble des compagnies d'assurance ont atteint 54,19 milliards FCFA en 2024, contre 44,37 milliards FCFA en 2023, soit une hausse de 22 % sur un an. La branche non-vie concentre l'essentiel des indemnisations, avec 33,13 milliards FCFA de sinistres réglés en 2024, représentant 62 % du total du marché, en progression de 16 % par rapport à 2023. La branche vie, plus réduite mais en accélération, enregistre 21,06 milliards FCFA de sinistres réglés, soit 38 % du total, avec une croissance annuelle marquée de 33 %.
Le chiffre d'affaires de la branche vie progresse à 37,56 milliards FCFA en 2024, porté par les produits épargne-retraite, dont la collecte a augmenté de 15,4 % pour atteindre 27,43 milliards FCFA. Malgré cette dynamique, l'assurance vie ne représente encore que 38 % des parts de marché, contre 62 % pour la non-vie, dominée par l'automobile, l'incendie et la responsabilité civile.
De leur côté, les commissions versées aux intermédiaires d'assurance se sont établies à 12,61 milliards FCFA en 2024, en recul de 2 % par rapport à 2023 (12,80 milliards FCFA). Cette baisse est essentiellement imputable à la branche non-vie, dont les commissions ont diminué de 3 % à 11,99 milliards FCFA, tandis que celles de la branche vie ont progressé de 28 % à 621 millions FCFA. Cette évolution traduit une stratégie assumée des grandes compagnies, qui développent progressivement leurs réseaux directs, réduisant leur dépendance aux courtiers traditionnels.
En parallèle, les compagnies d'assurance renforcent leur rôle d'investisseurs institutionnels. En 2024, leurs placements globaux ont atteint 75,62 milliards FCFA, contre 47,78 milliards FCFA en 2023, soit une hausse de 58,3 %. Près de 91 % de ces placements ont été réalisés au Gabon, principalement sous forme de titres publics (obligations et bons du Trésor) et de dépôts à terme, confirmant l'intégration croissante du secteur dans le financement de l'économie et du budget de l'État.
Idrissa Diakité
Publié le 21/01/26 13:52
La Rédaction
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