menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Ghana : 10 millions USD pour une usine de production jusqu'à 60 000 tonnes d'engrais/an à pleine capacité

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 17h48min

Le Ghana a conclu un accord et l'entreprise Omanbapa AgriTech, spécialisée dans la technologie agricole, portant sur la construction d'une usine moderne de fabrication d'engrais organiques d'un coût de 10 millions de dollars, soit environ 5,6 milliards FCFA. Signé le 28 juillet à Accra, la capitale, le protocole d'accord marque une nouvelle orientation de la politique agricole ghanéenne, qui mise désormais sur le développement d'une industrie nationale des biofertilisants, afin de préserver la fertilité des sols, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la compétitivité du secteur agricole. Ce projet stratégique vise à réduire la dépendance du pays aux engrais chimiques importés, tout en accélérant la transition vers une agriculture plus durable et résiliente.

Le futur complexe industriel sera implanté dans les régions d'Ashanti ou d'Ahafo, le site définitif devant être retenu par un comité technique conjoint. L'investissement répond à un enjeu majeur pour le Ghana, dont l'agriculture demeure fortement tributaire des engrais importés, dans un contexte marqué par la flambée des prix mondiaux liée aux perturbations des chaînes d'approvisionnement et aux tensions géopolitiques.

Selon les données du Centre international de développement des engrais (IFDC), le pays a consommé en moyenne 404 000 tonnes d'engrais chimiques par an entre 2019 et 2023, illustrant l'importance stratégique du développement d'une production locale capable de répondre à une demande en constante progression.

Une capacité pouvant atteindre 60 000 tonnes par an

Le projet sera mis en œuvre selon un modèle progressif en trois phases : l'approvisionnement en matières premières, les opérations de mélange d'engrais, puis la production industrielle à grande échelle. Dans un premier temps, l'usine affichera une capacité annuelle comprise entre 20 000 et 30 000 tonnes avant d'atteindre, à pleine capacité, 60 000 tonnes par an. Les résidus agricoles, notamment les spathes de maïs et autres déchets de récolte, serviront de matières premières, favorisant à la fois la valorisation des déchets agricoles et la production d'engrais respectueux de l'environnement. Le gouvernement considère cette initiative comme un levier majeur pour renforcer la résilience de l'agriculture face au changement climatique tout en améliorant durablement les rendements agricoles.

Au-delà de la création d'une nouvelle unité industrielle, Omanbapa AgriTech affiche une ambition plus large : faire des intrants biologiques un pilier de l'agriculture ghanéenne. À terme, l'entreprise souhaite que les produits organiques représentent près de 80% des intrants agricoles achetés par le ministère ghanéen de l'Alimentation et de l'Agriculture, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux engrais chimiques et à améliorer durablement la qualité des sols.

Outre la réduction des importations d'engrais, cette nouvelle usine devrait stimuler la production locale, créer des emplois, favoriser le transfert de technologies et renforcer la chaîne de valeur agricole ghanéenne. La valorisation des déchets agricoles permettra également de générer de nouvelles sources de revenus pour les producteurs tout en limitant les impacts environnementaux liés à leur élimination.

Publié le 04/08/26 14:33

Narcisse Angan

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

3PrhDOt-Lpk9KnmQrYNLKxHUgEZuuD_qkLQMSpqZ0Oc False