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Ghana : Après des pertes cumulées de 214 millions USD, la Banque centrale se retire du financement de GoldBod

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La Banque du Ghana (BoG) s'apprête à tourner une page de sa politique aurifère. Confrontée en effet à des pertes financières significatives liées aux opérations de négoce de l'or, l'institution d'émission a décidé de mettre un terme au financement du Ghana Gold Board (GoldBod), le régulateur du secteur aurifère, dans le cadre d'une nouvelle stratégie visant à renforcer la soutenabilité financière et la gouvernance du secteur.

L'annonce a été faite par le Dr John Kwakye, conseiller du gouverneur de la Banque du Ghana, lors d'une session de politique stratégique consacrée à la réduction des risques dans le commerce de l'or, organisée ce 3 février à Accra, par la Plateforme de gouvernance économique (EGP). Cette décision marque un recentrage du rôle de la banque centrale, désormais déterminée à limiter son exposition directe aux activités commerciales tout en préservant la stabilité macroéconomique.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), les transactions d'or issues du secteur artisanal et à petite échelle ont coûté cher à la Banque du Ghana. Dans son rapport relatif au cinquième examen du programme ghanéen, l'institution de Bretton Woods estime que les pertes cumulées supportées par la BoG ont atteint 214 millions de dollars, soit 119 milliards FCFA, à fin septembre 2025. En cause notamment, un mécanisme d'achat de l'or auprès des mineurs locaux à des prix inférieurs aux cours internationaux, ainsi que le paiement de commissions à GoldBod. Si ce dernier a affiché des bénéfices comptables, le FMI souligne que ceux-ci ont été réalisés au détriment de la banque centrale, qui a absorbé l'essentiel des pertes du dispositif.

GoldBod devrait fonctionner de manière autonome

La nouvelle architecture repose désormais sur une séparation plus nette des rôles. GoldBod fonctionnera de manière autonome et bénéficiera d'un financement direct de l'État pour l'achat et le raffinage de l'or auprès des mineurs. ‘'Le gouvernement devra fournir le financement initial. La Banque du Ghana ne le fera plus'', a précisé le Dr Kwakye. Ce repositionnement s'inscrit dans le cadre juridique établi par la loi portant création du Ghana Gold Board, adoptée par le Parlement le 28 mars 2025. Le texte confère à GoldBod un mandat étendu de supervision, de régulation et de gestion de l'achat, de la vente et de l'exportation de l'or et d'autres minéraux précieux.

Initiée sous l'impulsion du président John Dramani Mahama, la création de GoldBod s'inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des ressources nationales et de revitalisation de l'économie locale. Placé sous la tutelle du ministère des Finances, l'organisme est appelé à devenir un pilier de la politique aurifère ghanéenne, dans un pays où l'or demeure une source majeure de devises. En se retirant du financement direct de GoldBod, la Banque du Ghana envoie un signal clair : la stabilité monétaire et la discipline financière priment désormais sur l'interventionnisme commercial. Un choix délicat, mais stratégique, à l'heure où Accra cherche à consolider ses équilibres macroéconomiques tout en sécurisant les retombées de l'une de ses principales richesses naturelles.

Publié le 04/02/26 14:15

Narcisse Angan

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