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Ghana : Fin du financement par la Banque centrale des achats d'or locaux de GoldBod, place à un modèle autofinancé

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Premier producteur d'or du continent, le Ghana réorganise en profondeur le financement de son programme national d'achat du métal précieux. En effet, le Ghana Gold Board (GoldBod), régulateur de la filière aurifère, a mis fin au préfinancement assuré par la Banque du Ghana (BoG) pour l'acquisition d'or produit localement Il opère désormais selon un modèle autofinancé, une évolution qui renforce son autonomie financière et redéfinit son rôle dans la stratégie aurifère du pays.

L'information a été confirmée ce 11 août par Sammy Gyamfi, directeur général de GoldBod, cité par des sources locales. Selon les éléments communiqués, la banque centrale a cessé de préfinancer les achats de GoldBod en mars 2026, tandis que la fin de l'accord de préfinancement par le mécanisme d'enchères est entrée en vigueur le 1er juillet. Désormais, GoldBod mobilise directement les ressources nécessaires à ses opérations auprès des banques commerciales et des acheteurs d'or. Ces financements lui permettent d'acquérir et d'agréger l'or produit localement, destiné notamment à l'exportation et à la constitution des réserves du pays.

L'ancien dispositif avait été conçu pour permettre à la banque centrale d'accroître ses réserves en achetant directement de l'or produit sur le marché intérieur. Avant la création de GoldBod, la Precious Minerals Marketing Company (PMMC) intervenait comme agent d'achat pour le compte de la banque centrale. Lors de la création de GoldBod en avril 2025, ce dernier a repris cette fonction, avec des achats et opérations d'agrégation financés par la Banque du Ghana. Pour l'autorité aurifère, cette transition constitue une étape majeure vers son indépendance opérationnelle et financière. Elle implique également une responsabilisation accrue de GoldBod, qui doit désormais gérer directement ses besoins de liquidités et ses relations avec les établissements financiers et les acheteurs d'or.

GoldBod devient davantage un acteur commercial

Le changement de modèle ne remet pas en cause la stratégie du Ghana visant à accroître la collecte d'or produit localement. Il modifie plutôt la manière dont cette politique est financée. GoldBod se positionne ainsi de plus en plus comme le bras commercial de la stratégie aurifère nationale, chargé de mobiliser les ressources financières, d'acheter l'or auprès des producteurs et de l'agréger avant son exportation ou son intégration aux réserves nationales.

Cette évolution permet parallèlement à la Banque du Ghana de se concentrer davantage sur sa fonction première de gestion des réserves et de conduite de la politique monétaire, tout en réduisant son exposition directe au financement des achats d'or. Le dispositif contribue donc à établir une séparation plus nette entre les activités commerciales d'achat et d'agrégation de l'or et la gestion des réserves monétaires du pays.

Le Ghana veut mieux valoriser son or

Au-delà de la question du financement, la réforme s'inscrit dans la volonté du Ghana de maximiser les retombées économiques de sa position de premier producteur d'or d'Afrique. L'objectif est notamment de mieux mobiliser la production aurifère locale, afin de générer des devises, renforcer les réserves du pays et accroître la valeur captée par l'économie nationale. Le passage à l'autofinancement pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans la transformation de GoldBod en acteur central de la chaîne aurifère ghanéenne.

En cessant de dépendre du préfinancement de la Banque du Ghana, GoldBod assume désormais directement le financement de ses achats d'or. Le changement traduit une volonté de donner à l'institution une plus grande autonomie commerciale et financière, tout en permettant à la banque centrale de recentrer son action sur la gestion des réserves et la politique monétaire. Pour le Ghana, l'enjeu est désormais de démontrer que ce nouveau modèle peut soutenir durablement les volumes d'achat d'or, sans créer de tensions excessives sur la liquidité du système financier, tout en renforçant la capacité du pays à transformer sa richesse aurifère en réserves et en devises.

Publié le 12/08/26 09:38

Narcisse Angan

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