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Ghana : Malgré une hausse de 40% des tarifs d’électricité, le secteur énergétique affiche encore un déficit de 1,4 milliard USD

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La hausse des tarifs d'électricité n'a pas suffi à rétablir l'équilibre financier du secteur énergétique ghanéen. En 2025, le déficit s'est établi à environ 1,4 milliard de dollars (773 milliards FCFA), soit 1,2% du PIB, tandis que les arriérés envers les producteurs indépendants d'électricité et les fournisseurs de carburant atteignaient encore 1,7 milliard de dollars en fin d'année. Le Fonds monétaire international (FMI) pointe trois faiblesses structurelles, à savoir des tarifs ne couvrant pas pleinement les coûts, des pertes élevées dans la distribution et un recouvrement insuffisant des factures.

Le paradoxe est saisissant. Alors que les ménages et les entreprises ghanéens ont dû absorber une augmentation cumulée d'environ 40% des tarifs d'électricité depuis mars 2025, les finances du secteur restent lourdement déficitaires. Selon l'analyse de l'Institut de recherche économique et de politique publique (IERPP) à partir des données du FMI, le déficit n'est passé que de 1,6 milliard de dollars en 2024 à 1,4 milliard de dollars en 2025.

Cette amélioration demeure donc limitée. Elle représente une réduction d'environ 200 millions de dollars, mais ne traduit pas, selon l'IERPP, une transformation profonde du modèle économique du secteur. Le FMI estime pour sa part que plusieurs facteurs ont contribué à l'amélioration observée, notamment les ajustements tarifaires, une meilleure mobilisation des recettes, la baisse du recours aux combustibles liquides pour la production et l'appréciation du cedi.

Les pertes de distribution restent le principal talon d'Achille

Au cœur de la crise figure la faiblesse persistante du réseau de distribution. Les pertes ont atteint 27,1% en 2024, tandis qu'elles étaient encore plus élevées dans les zones desservies par la Northern Electricity Distribution Company (NEDCo), à 31,3%. Ces pertes, à la fois techniques et commerciales, signifient qu'une part importante de l'électricité injectée dans le réseau ne se transforme pas en recettes effectivement encaissées.

Pour l'IERPP, cette situation constitue l'une des principales explications de l'inefficacité des hausses tarifaires. Augmenter le prix de l'électricité peut certes améliorer les recettes théoriques par unité vendue, mais l'effet financier reste limité si une part importante de l'énergie distribuée n'est pas facturée ou payée. Le FMI identifie précisément ce mécanisme comme l'un des trois principaux facteurs de fragilité du secteur, aux côtés de l'insuffisance des tarifs par rapport aux coûts et du faible recouvrement des recettes.

Le FMI plaide pour des réformes plus profondes

Face à cette situation, le FMI estime que la solution ne peut pas reposer uniquement sur de nouvelles augmentations tarifaires. Le Fonds recommande notamment de maintenir des ajustements tarifaires réguliers, d'améliorer la discipline de paiement et de mettre en œuvre un plan crédible d'apurement des arriérés envers les fournisseurs d'énergie. Le FMI soutient également une plus grande participation du secteur privé dans la distribution d'électricité d'ECG. Il s'agirait, selon le Fonds, d'un partenariat et non d'une privatisation pure et simple.

À plus long terme, l'institution financière internationale préconise une tarification transparente, la publication d'états financiers audités des entreprises publiques du secteur et des procédures d'approvisionnement plus compétitives pour les futurs projets énergétiques. Au-delà des chiffres, la situation énergétique constitue un enjeu majeur pour l'économie ghanéenne. Un secteur financièrement fragile limite la capacité du pays à investir dans de nouvelles infrastructures, fragilise les fournisseurs et accroît les risques de perturbations de l'approvisionnement.

Le FMI considère ainsi la réforme du secteur énergétique comme une condition importante de la reprise économique du Ghana. Une filière financièrement viable permettrait de réduire les transferts d'urgence de l'État, de sécuriser les paiements aux producteurs et fournisseurs et de créer un environnement plus favorable à l'investissement.

Publié le 11/08/26 16:20

Narcisse Angan

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