Le Ghana est confronté depuis des années à un défi de production d'électricité, qui plombe l'activité des entreprises et par conséquent son économie. D'ailleurs, la Banque mondiale a alerté le 25 août dernier, indiquant que les retards enregistrés dans la mise en œuvre des programmes de relance du secteur énergétique coûtent environ 1 milliard de dollars, soit 545,37 milliards FCFA, par an au pays, accentuant la pression sur les finances publiques et menaçant même une partie des efforts réalisés dans le cadre du programme de réformes économiques.
C'est dans ce contexte que le pays s'apprête à renforcer significativement ses capacités de production électrique avec la construction d'une centrale au gaz de capacité de 1 200 MW. Annoncé par le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, ce 27 août, le projet deviendra, une fois achevé, la plus grande infrastructure de production d'électricité du pays, dépassant la centrale hydroélectrique d'Akosombo (à L'Est du pays) de 1 020 MW. Accra entend ainsi sécuriser son approvisionnement énergétique et créer les conditions nécessaires à une nouvelle phase d'industrialisation. Selon le ministre, cette nouvelle centrale, qui sera détenue par l'État, doit contribuer à garantir une électricité fiable et abordable, considérée comme une condition essentielle à la transformation industrielle du Ghana.
Voir aussi - Ghana : Les retards des réformes énergétiques coûtent 1 milliard USD par an
Pour le gouvernement ghanéen, la disponibilité d'une électricité stable à un coût compétitif constitue en effet un préalable à la transformation structurelle de l'économie. L'objectif est notamment de permettre aux entreprises d'accroître leur production, d'améliorer leur compétitivité, de développer de nouvelles activités et, in fine, de générer davantage d'emplois.
Le financement, principal défi
Si le projet traduit une ambition forte en matière énergétique, son financement constitue un enjeu majeur. Les infrastructures de production électrique de grande capacité nécessitent en effet des investissements lourds et des financements à long terme, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires des États africains restent limitées.
Dans ce contexte, Accra plaide pour une diversification des mécanismes de financement. Cassiel Ato Forson préconise notamment le recours aux garanties, aux financements mixtes, aux financements en monnaie locale, à des marchés de capitaux plus profonds ainsi qu'à des partenariats public-privé crédibles. L'objectif est de réduire le risque perçu par les investisseurs et de permettre la mobilisation de capitaux privés sur des projets énergétiques dont les besoins de financement dépassent largement les capacités des budgets publics.
Publié le 28/08/26 12:12
Narcisse Angan
SN
CEMAC