La Guinée équatoriale poursuit les préparatifs en vue de la mise en place de son Compte unique du Trésor (CUT), une réforme destinée à centraliser l'ensemble des ressources publiques dans un compte unique. Réuni le 5 août à la Présidence, le Comité national du Compte unique du Trésor a examiné le calendrier des prochaines étapes de ce chantier, après l'achèvement du recensement des avoirs publics détenus dans le système bancaire.
Cette opération permet désormais aux autorités de disposer d'une cartographie des comptes bancaires ouverts au nom de l'État, préalable au transfert des fonds vers le Compte unique du Trésor. Les autorités n'ont toutefois communiqué aucune donnée chiffrée sur le nombre de comptes recensés ni sur le montant des ressources concernées.
Après cette phase d'identification, le gouvernement travaille désormais sur l'architecture technique qui accompagnera la mise en œuvre de la réforme. " Des travaux sont déjà en cours pour structurer le nouveau modèle de gestion financière en intégrant deux outils largement utilisés par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), AMS/X et SINTAG. Ces deux plateformes seront interconnectées avec l'écosystème des finances publiques au sein du Trésor public, permettant ainsi une gestion plus efficace, plus sûre et plus automatisée des ressources publiques ", précisent les autorités équato-guinéennes.
Le calendrier présenté au Comité national prévoit une mise en œuvre en cinq étapes. Après une première phase d'urgence consacrée à la création du système, les autorités entendent poursuivre avec la préparation et le développement des outils technologiques nécessaires à son fonctionnement. La quatrième étape correspondra à la mise en production du dispositif, annoncée pour le premier trimestre 2027, avant une dernière phase dédiée à son extension et à sa consolidation.
Selon les autorités, la mise en place du Compte unique du Trésor devrait transformer la gestion de la trésorerie publique. Le Premier ministre, Manuel Osa Nsue, a détaillé les principaux bénéfices attendus de cette réforme : " Sa mise en œuvre représente une réforme d'une grande importance pour l'administration publique, car elle permet une vision complète et en temps réel de la liquidité des caisses de l'État, améliore la planification des paiements, réduit les coûts financiers, évite l'immobilisation inutile des ressources et renforce la discipline budgétaire. "
Au-delà de ces effets sur la gestion de la trésorerie, les autorités équato-guinéennes estiment que le Compte unique du Trésor contribuera également à renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics, à améliorer le contrôle interne, à réduire les risques liés à la multiplication des comptes bancaires et à rendre l'exécution budgétaire plus efficace. Elles anticipent également une capacité accrue de l'État à honorer plus rapidement ses engagements financiers.
Cette réforme s'inscrit dans un contexte de renforcement du contrôle des finances publiques en Guinée équatoriale. En juin 2026, une enquête sur Gepetrol Servicios a révélé des détournements présumés de fonds publics et des irrégularités fiscales portant sur plus de 3,7 milliards de FCFA, tandis qu'une société sous-traitante aurait facturé plus de 6,16 milliards de FCFA à l'entreprise publique.
Le gouvernement a également engagé une réforme de la collecte des recettes des péages afin d'en améliorer la traçabilité. En centralisant les ressources publiques dans un compte unique, le Trésor entend ainsi renforcer le suivi des fonds de l'État et réduire les risques liés à leur dispersion.
Perton Biyiha
Publié le 06/08/26 13:40
La Rédaction
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