Le groupe pétrolier américain Chevron prévoit de produire ses premiers volumes de gaz sur le champ offshore d'Aseng, en Guinée équatoriale, en 2028. Jim Swartz, directeur général de la compagnie pour le Nigeria et l'Afrique centrale, l'a annoncé mercredi 14 octobre, en marge d'une conférence sur l'énergie organisée au Cap, en Afrique du Sud. " Nous prévoyons donc probablement une première production de gaz en 2028 ", a-t-il déclaré à des journalistes, selon Reuters.
Évalué à 690 millions de dollars, le projet a franchi une étape décisive avec la prise de la décision finale d'investissement plus tôt en 2026. Chevron se dit satisfait de l'avancement des travaux préparatoires. Une plateforme de forage devrait être mobilisée au début de 2027 pour réaliser un puits de développement sur le champ d'Aseng et le raccorder aux infrastructures existantes. Le groupe prévoit également d'utiliser cette même plateforme pour forer un puits d'exploration en 2027.
Baptisé Aseng Gas Monetisation, le projet est conduit par Chevron à travers sa filiale Noble Energy EG Ltd. Son architecture technique repose sur l'utilisation des installations déjà opérationnelles du champ voisin d'Alen, afin de limiter la nécessité de construire de nouvelles infrastructures de production. Subsea7 a obtenu le contrat des travaux sous-marins, qui comprennent notamment la pose d'environ 19 kilomètres de conduites de production et de 20 kilomètres de câbles ombilicaux, ainsi que l'installation des équipements à quelque 800 mètres de profondeur. L'ingénierie et la gestion du projet ont débuté en 2026, avant les prochaines opérations offshore.
Préserver l'approvisionnement du complexe gazier de Punta Europa
Au-delà de la mise en production d'un nouveau champ, Aseng représente un enjeu pour la continuité des activités gazières de la Guinée équatoriale. Le pays cherche à maintenir l'approvisionnement de Punta Europa, son complexe gazier situé sur l'île de Bioko, qui abrite notamment l'usine de liquéfaction EG LNG. Mise en service en 2007, cette installation affiche une capacité nominale de 3,7 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an.
Or, le vieillissement des champs historiques, en particulier celui d'Alba, réduit progressivement les volumes de gaz disponibles pour alimenter les installations. Dans ce contexte, Chevron estime que les ressources d'Aseng pourraient contribuer au maintien des exportations jusqu'au milieu des années 2030 et favoriser de nouveaux investissements dans les infrastructures gazières.
Cette perspective s'accompagne d'une évolution de la participation de l'État dans le projet. En 2026, la compagnie pétrolière nationale GEPetrol a conclu un accord avec Chevron et le ministère chargé des hydrocarbures et du développement minier afin de porter sa participation dans Aseng de 5 % à 32,55 %. L'opération est assortie d'un mécanisme de financement destiné à accompagner cette montée au capital. Les modalités financières de l'accord n'ont toutefois pas été précisées.
Le développement d'Aseng s'inscrit dans le programme Gas Mega Hub, par lequel la Guinée équatoriale ambitionne de renforcer sa position dans le traitement et l'exportation du gaz naturel en Afrique centrale. À terme, cette stratégie prévoit également de traiter du gaz provenant des pays voisins afin d'alimenter les infrastructures nationales et de prolonger leur durée d'exploitation. La mise en production d'Aseng constitue ainsi un levier pour sécuriser l'approvisionnement du complexe de Punta Europa, tout en soutenant l'ambition du pays de devenir un centre régional de valorisation du gaz naturel.
Claude Paul Tjeg
Publié le 15/10/26 09:26
La Rédaction
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