Le gouvernement équato-guinéen durcit le ton face aux géants du BTP. Lors d'une audience tenue ce 12 mai à Malabo, le Vice-Président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a interpellé Richel Bassila, Directeur Régional de Sogea-Satom (filiale de Vinci Construction), sur le niveau d'exécution des projets stratégiques du pays. Au cœur du différend : le retard flagrant dans la livraison des infrastructures d'Oyala, la future capitale administrative. Le gouvernement souligne que l'entreprise a déjà perçu les règlements correspondant aux étapes de livraison attendues, rendant la remise des constructions impérative et urgente.
Au-delà des retards opérationnels, c'est l'équilibre financier des contrats qui est sur la sellette. Malabo remet en cause la structure de rentabilité de la filiale française en Guinée équatoriale. Selon des sources gouvernementales, les marges bénéficiaires réalisées par Sogea-Satom sur le territoire national dépasseraient les standards mondiaux du secteur de l'ingénierie et de la construction. Cette constatation pousse l'exécutif à exiger une renégociation immédiate des accords-cadres afin de les "adapter" aux réalités économiques et aux barèmes internationaux de référence.
Pour Sogea-Satom, acteur historique présent depuis plus de 90 ans sur le continent, ce bras de fer avec le deuxième vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité, qui du reste supervise également les grands chantiers de l'État, est un défi réputationnel. Si l'expérience de l'entreprise dans la région est reconnue, le grief portant sur le décalage entre les paiements effectués et l'avancement physique des travaux à Oyala fragilise sa position de partenaire privilégié dans les projets de développement infrastructurel du pays.
Cette offensive de Malabo s'inscrit par ailleurs dans une dynamique de rationalisation des dépenses publiques et de contrôle de l'utilisation des fonds d'État. En exigeant une révision des contrats jugés trop onéreux et une accélération des travaux, la Guinée équatoriale signale sa volonté de maximiser l'impact de ses investissements. Signe que la performance technique ne suffit plus, elle doit désormais s'accompagner d'une compétitivité tarifaire irréprochable et d'un respect strict des calendriers de livraison.
Publié le 13/05/26 17:31
La Rédaction
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CEMAC