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Guinée Équatoriale : Le Sénat muscle le cadre des ZES pour compenser le déclin pétrolier

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La commission permanente du Sénat a achevé l'examen du projet de loi général sur les Zones Économiques Spéciales (ZES), incluant une refonte de l'article 16 pour garantir un contrôle rigoureux. Ce signal fort intervient dans un contexte de rupture. En effet, selon les projections de la BEAC pour 2026, la production pétrolière du pays devrait enregistrer un nouveau recul de 2,4 %. Cette baisse structurelle de la rente pétrolière impose à Malabo une accélération sans précédent de sa stratégie de diversification pour stabiliser ses comptes extérieurs.

L'enjeu de cette réforme est vital pour l'attractivité d'une économie dont la croissance globale devrait se limiter à 2,9 % à l'échelle régionale en 2026. En clarifiant les règles des ZES, les sénateurs ciblent un cadre fiscal capable d'inverser la tendance actuelle des Avoirs Extérieurs Nets (AEN) de la zone, qui ont fondu de 15,1 % en un an. Pour la Guinée Équatoriale, la transparence est l'unique levier pour rassurer les marchés financiers alors que le pays doit naviguer dans un environnement de liquidités bancaires sous tension, marqué par un durcissement des conditions monétaires au sein de la CEMAC.

Le Parlement auditionnera prochainement le gouvernement sur le régime d'incitations financières, point névralgique pour doper un secteur privé devenu le seul véritable moteur de croissance. Le rapport de la BEAC souligne en effet que la contribution du secteur public à la croissance est désormais négative en raison des ajustements budgétaires. Avec une inflation régionale projetée à 2,1 % fin 2025, Malabo mise sur la stabilité des prix et la sécurité juridique pour attirer des capitaux de long terme, essentiels pour financer des projets industriels capables de prendre le relais des puits de pétrole vieillissants.

Cette offensive législative positionne la Guinée Équatoriale comme un concurrent stratégique au sein de la zone CEMAC, alors que les échanges intracommunautaires restent faibles. En misant sur un arsenal de transparence, Malabo espère non seulement capter les investissements directs étrangers (IDE), mais aussi freiner l'érosion de ses réserves de change. Le projet pourrait ainsi transformer le pays en un hub industriel résilient capable de maintenir son équilibre économique malgré un secteur pétrolier qui ne pèse plus de la même manière dans la création de richesse nationale.

Idrissa Diakité

Publié le 10/04/26 16:53

La Rédaction

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