menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Guinée équatoriale : stocks d’urgence et subventions ciblées pour enrayer une deuxième crise de carburant en 2026

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 1h40min

La Guinée équatoriale veut limiter la récurrence des pénuries de carburant en améliorant la planification des importations et en révisant les conditions d'accès aux produits subventionnés. Le 14 octobre 2026, à l'issue d'une réunion avec les distributeurs Gepetrol, Tradex et Total, le gouvernement a annoncé la création d'une commission interministérielle chargée de revoir le système de distribution et de mettre en place des cartes d'identification des bénéficiaires des subventions.

Il s'agit de la deuxième crise de carburant enregistrée depuis le début de l'année, selon le Premier ministre, qui présidait cette réunion à la Présidence du gouvernement. Cette récurrence met en évidence les difficultés d'approvisionnement d'un pays pourtant producteur de pétrole brut, mais dont les capacités de raffinage ne suffisent pas à couvrir la demande intérieure. La Guinée équatoriale reste ainsi dépendante des importations de produits pétroliers raffinés pour alimenter son marché.

Des contraintes financières qui perturbent les approvisionnements

Au cours de la réunion, les distributeurs ont mis en avant plusieurs obstacles financiers susceptibles de compromettre la régularité des livraisons. Ils ont notamment évoqué des transferts internationaux destinés au règlement de leurs fournisseurs, qu'ils affirment bloqués au niveau de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). Ils ont également signalé la longueur des procédures d'activation des prêts garantis par les banques.

En réponse, le Premier ministre a demandé aux entreprises de signaler suffisamment tôt tout obstacle susceptible de perturber l'approvisionnement. Les ministères des Finances et du Trésor ont, pour leur part, été chargés d'examiner les difficultés liées aux transferts et de rechercher des solutions dans leurs domaines de compétence.

Pour rétablir les disponibilités à court terme, les trois distributeurs ont présenté leurs calendriers d'approvisionnement. Total prévoit deux cargaisons de 10 000 et 11 000 tonnes entre les 16 et 17 octobre, puis une livraison supplémentaire de 10 000 tonnes en novembre. Gepetrol annonce, de son côté, l'arrivée de 3 000 tonnes d'essence et de gazole entre les 21 et 22 octobre. Tradex prévoit 5 000 tonnes les 22 et 23 octobre, auxquelles doivent s'ajouter 10 000 tonnes entre novembre et décembre.

Au total, ces engagements représentent 49 000 tonnes de produits pétroliers annoncées. Ces volumes devraient contribuer au réapprovisionnement du marché si les livraisons sont exécutées dans les délais prévus. 

Des cartes pour mieux cibler les subventions

La commission interministérielle annoncée le 14 octobre devra notamment élaborer un système de cartes permettant d'identifier les catégories de bénéficiaires autorisées à accéder aux carburants subventionnés. 

Le communiqué gouvernemental précise que les mesures envisagées visent " dans le seul but de réduire la charge budgétaire découlant de la subvention et d'orienter les ressources ainsi libérées vers les secteurs sociaux, afin de répondre aux besoins prioritaires de la population et notamment de protéger les groupes vulnérables ".

Toutefois, plusieurs modalités restent à préciser : les catégories de bénéficiaires concernées, les volumes auxquels chacune pourra prétendre et le calendrier de déploiement. Les autorités devront également déterminer comment ces cartes s'articuleront avec les restrictions déjà en vigueur.

La volonté de mieux cibler les subventions s'inscrit dans un contexte de pression sur les finances publiques. Dans son rapport de décembre 2025 consacré au programme de suivi économique de la Guinée équatoriale, le Fonds monétaire international (FMI) évaluait à environ 20 milliards de FCFA le coût, en 2025 et 2026, du report et de la réduction d'une hausse envisagée des prix des carburants.

L'ajustement initialement prévu, de 150 FCFA par litre en 2025, avait été ramené à 75 FCFA en raison de ses conséquences potentielles sur les transports publics.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 16/10/26 10:06

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

orCH_uNZCLPlrp-ype5Zx8Ya6sZBcCTZvfaqo71JScE False