Le dossier de la coopération bilatérale Gabon-République Tchèque reprend de l'altitude. Lors d'une audience accordée au Consul honoraire Jozef Kupec, le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a relancé les discussions sur des chantiers stratégiques : réhabilitation des aéroports provinciaux, modernisation ferroviaire et fourniture d'équipements logistiques lourds. Si les échanges techniques entre les entreprises tchèques, l'Agence de l'aviation et l'ASECNA n'avaient pas encore débouché sur du concret, cette nouvelle offensive diplomatique sonne comme une mise à jour décisive des ambitions de Prague au Gabon.
Le potentiel tchèque s'aligne précisément sur les besoins structurels du pays. Le plan de développement 2026-2030 prévoit la mise aux normes OACI de dix aéroports intérieurs, dont quatre sont prioritairement ciblés par les constructeurs tchèques : Makokou, Oyem, Port-Gentil et Franceville. Pour le Gabon, l'enjeu est de soutenir une activité aéroportuaire qui a déjà progressé de 1,9 % (flux passagers) au troisième trimestre 2025, tout en préparant le terrain pour la future compagnie aérienne nationale.
Le point d'ancrage le plus immédiat de cette relation est la conclusion imminente d'un accord aérien bilatéral. Ce cadre juridique est le préalable sine qua non pour dynamiser les flux commerciaux et attirer l'expertise tchèque en ingénierie de piste et systèmes de navigation. Prague ne propose pas seulement des avions de transport régional (type L-410), mais aussi une offre globale incluant des camions de transport de fret et des solutions de mobilité urbaine, segments essentiels pour désengorger les corridors logistiques nationaux.
Cette relance doit désormais franchir le cap des "mémos diplomatiques" pour se traduire en contrats de performance. Le ministre Manfoumbi Manfoumbi a d'ailleurs insisté sur une approche " structurée et coordonnée " pour éviter les rendez-vous manqués du passé. Dans un contexte de transition où le Gabon cherche à diversifier ses partenaires techniques hors des sentiers battus, la République Tchèque offre une alternative industrielle robuste, capable d'appuyer la montée en puissance des infrastructures souveraines du pays.
Publié le 05/03/26 15:03
La Rédaction
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CEMAC