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Interview/Nafy Silué, DG adjointe de Orange Côte d’Ivoire : ‘’Nous sommes un acteur performant pour le groupe en Afrique’’

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Nafy Silué, directrice générale adjointe d'Orange Côte d'Ivoire :

Nous sommes le deuxième acteur le plus performant du groupe Orange dans la zone Afrique/Moyen-Orient

Nommée il y a un peu plus d'un mois directrice générale adjointe du groupe Orange Côte d'Ivoire, Nafy Silué a la charge du développement du cluster composé de Orange en Côte d'Ivoire, au Burkina et au Libéria. Une belle promotion pour celle qui a été au cœur de l'ascension fulgurante de l'opérateur ivoirien passé au rang de groupe avec l'acquisition de ces deux filiales courant 2016.

Recrutée il y a 15 ans, Nafy Silué a gravi les échelons, promue directrice marketing d'Orange Côte d'Ivoire en 2015, avant de se voir confier, en 2018, la toute nouvelle direction de l'international, chargée d'accompagner les nouvelles filiales au Libéria et au Burkina Faso. Après avoir dirigé le programme de transformation d'OCI devenu désormais un ‘'opérateur multi-services'', elle reprend donc en main le management  du cluster qui est plébiscité comme le second plus grand contributeur du groupe français dans la zone Afrique et Moyen-Orient.

Dans cet entretien exclusif accordé à Sika Finance, elle évoque ses nouveaux challenges ainsi que les projets en vue pour Orange Côte d'Ivoire qui n'exclut pas l'idée d'une nouvelle acquisition.

 

  1. Vous venez d'être nommée directrice générale adjointe d'Orange Côte d'Ivoire, un opérateur qui détient des filiales au Burkina et au Libéria. Que représente Orange sur chacun de ces marchés ?

Le groupe Orange Côte d'Ivoire, c'est effectivement un cluster régional composé des filiales Orange de Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Libéria. Nous sommes leaders sur chacun de ces marchés, nous contribuons à hauteur de 25% du chiffre d'affaires du groupe Orange en Afrique/Moyen Orient et nous sommes le deuxième acteur le plus performant de la zone après le groupe Sonatel. Sur le plan humain, 2 200 hommes et femmes y sont salariés et plus de 150 000 revendeurs distribuent nos produits.

Le groupe Orange Côte d'Ivoire est  le deuxième acteur le plus performant du groupe Orange dans la zone Afrique/Moyen Orient.

En Côte d'Ivoire, nous sommes leaders sur les principaux indicateurs de performance Fixe, Mobile, Internet et Mobile Money. En tant qu'opérateur digital engagé, nous impulsons l'innovation en sur ce marché depuis plus de 10 ans : premier opérateur à lancer le service de mobile Money, les réseaux très haut débit avec 3G, la 4G, la Fibre, les services TV via mobile, l'accès à l'électricité dans les zones reculées avec Orange Energie, etc. Nous contribuons à hauteur de 11% du PIB ivoirien et jouons un rôle important dans l'économie.

Voir aussi - Nafy Silué, nouvelle directrice générale adjointe d'Orange Côte d'Ivoire

Au Burkina Faso où nous opérons depuis 2016, nous avons réussi à conquérir dès 2017, la place de leader sur le Mobile et le Mobile Money. Tout comme en Côte d'Ivoire, Orange Burkina Faso a également reçu la certification Top Employer 2020, uniquement accordée aux entreprises appliquant les critères d'excellence les plus élevés en matière de conditions de travail et d'opportunités de développement offertes aux collaborateurs. C'est le lieu de saluer à nouveau l'excellent travail abattu par Ben Cheick HAIDARA, avant son départ pour Orange RDC.

Nous contribuons à hauteur de 11% du PIB ivoirien.

Du côté du Libéria, Mamadou COULIBALY qui a rejoint depuis peu Orange Burkina Faso, a su établir le leadership d'Orange Libéria sur le marché mobile. Premier opérateur 4G au Liberia, Orange Liberia vise également le leadership sur  le mobile money lancé en 2017.

Sur chacun de ces marchés, nous sommes en outre un acteur social de premier plan à travers nos initiatives notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation ou encore de l'entrepreunariat entre autres.

 

  1. Vous avez en particulier la charge de la gestion du cluster Côte d'Ivoire (regroupant les filiales de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Libéria). Quelle est votre mission à la tête de cette entité ?

Ma mission principale est d'impulser et superviser le développement du plan stratégique du groupe Orange Côte d'Ivoire à l'échelle de la zone Afrique/Moyen-Orient ; il s'agira de concilier performance économique et approche durable, vis-à-vis des clients, des collaborateurs, des parties prenantes, des partenaires et l'ensemble de la société.

Ma mission principale est d'impulser et superviser le développement du plan stratégique du groupe Orange Côte d'Ivoire à l'échelle de la zone Afrique/Moyen-Orient.

Nous avons une exigence très forte sur la satisfaction de nos clients et plus encore sur la recommandation de nos clients. C'est la raison pour laquelle nous accordons une importance particulière à développer la synergie entre les trois filiales pour améliorer l'expérience client, favoriser le développement des compétences, la mobilité des équipes, et les échanges d'expertise sur les nouveaux métiers.

 

  1. Orange a le modèle Sonatel basé au Sénégal qui rayonne sur 5 marchés en Afrique de l'Ouest. Le groupe Orange Côte d'Ivoire a-t-il une ambition d'expansion sur de nouveaux marchés ?

C'est clairement le cas. Depuis 2016, l'acquisition des filiales du Burkina Faso et du Libéria s'inscrivait dans le cadre de la stratégie de développement international d'Orange Côte d'Ivoire, qui vise à accélérer sa croissance en pénétrant de nouveaux marchés émergents à fort potentiel, mais également à faire d'Orange Côte d'Ivoire, un acteur de référence du développement des télécoms dans la sous-région.

Voir aussi - Que pèsent les opérateurs sur le marché des télécoms en Côte d'Ivoire ?

Pour l'heure, nous poursuivons nos efforts afin de réussir complètement l'intégration de ces filiales ; nous restons néanmoins très attentifs aux autres possibilités de croissance car nous avons une veille permanente sur tout ce qui se passe sur le continent.

(…) nous poursuivons nos efforts afin de réussir complètement l'intégration de ces filiales ; nous restons néanmoins très attentifs aux autres possibilités de croissance car nous avons une veille permanente sur tout ce qui se passe sur le continent.

  1. Lors de la publication de ses résultats au 1er semestre, le groupe a présenté le cluster Orange Côte d'Ivoire comme l'un des tous premiers contributeurs à ses performances dans la zone Afrique / Moyen-Orient. Comment appréhendez-vous cette reconnaissance ?

C'est une immense fierté, d'autant plus que ces résultats ont été réalisés dans un contexte particulier que nous subissons tous. En tant qu'opérateur télécom, la crise Covid-19 que nous traversons a pu confirmer la place centrale que nous occupons dans le quotidien des populations.

Voir aussi - Marius Yao nommé DG de Orange Libéria et Mariame Touré prend les commandes d'Orange Money CI

 Les besoins en connectivité ont considérablement augmenté et face à leur forte sollicitation, nous avons dimensionné nos réseaux afin de les maintenir disponibles et avec une qualité de service optimale. Je tiens encore une fois à féliciter toutes les équipes, techniques et commerciales, qui ont pris toutes les dispositions pour assurer la continuité de services et une connectivité Internet pour tous, afin de permettre de continuer de travailler à distance et de rester proches de nos familles.

 C'est ce travail qui a porté des résultats et la reconnaissance ainsi exprimée nous invite à plus d'ardeur et de vigilance pour maintenir le cap.

 

  1. Avec la saturation de la Voix, les opérateurs misent plus que jamais sur de nouveaux relais de croissance et engagent des investissements importants dans ce sens. Sonatel a par exemple mobilisé 100 milliards FCFA à cet effet. Quels sont les grands projets de développement sur vos marchés ?

En Afrique, tous les opérateurs sont confrontés à une baisse des revenus issus des appels téléphoniques ‘‘traditionnels''. En revanche, la data s'est bien développée et dans ce domaine, nos réseaux et relais de croissance deviennent des axes de développement majeurs.

Nous misons d'abord sur des infrastructures techniques et une qualité de service afin de proposer des réseaux de plus en plus performants pour une couverture de plus en plus étendue.

Nous misons d'abord sur des infrastructures techniques et une qualité de service afin de proposer des réseaux de plus en plus performants pour une couverture de plus en plus étendue.

En Côte d'Ivoire par exemple, nous avons engagé plus de 180 milliards FCFA sur deux années (depuis 2019) afin d'améliorer le réseau et fournir de nouveaux services dans le pays (déploiement de la Fibre à l'intérieur du pays, extension des couvertures 4G, couverture réseau des zones rurales, etc.).

Au Libéria et au Burkina Faso, nous avons aussi engagé plus de 130 milliards fcfa/an pour développer l'innovation, améliorer nos réseaux pour une meilleure connectivité, une meilleure couverture et une meilleure qualité, soutenir l'entreprenariat local et financer de nombreux projets sociaux.

Au-delà des réseaux, nous mettons également un point d'honneur à développer notre stratégie d'Opérateur multi-services via nos relais de croissance : les services financiers mobile, la banque, l'énergie ou encore les contenus.

 

  1. L'avenir du secteur télécom, c'est surtout la 5G. Dans certains pays, des opérateurs ont annoncé des tests, notamment Sonatel. Quelles sont vos perspectives dans ce domaine ?

Nous connaissons effectivement des cas d'expérimentation réussie dans certains pays d'Afrique depuis fin 2018 : Lesotho, Afrique du Sud,  Algérie, Maroc. Nous entendons également parler de lancement depuis la fin du premier semestre  2020, en Afrique du Sud et à Madagascar.

Cela dit, au-delà de ces aspects techniques, plusieurs prérequis demeurent indispensables afin de préparer au mieux les populations à l'expérimentation de la 5G …

En Côte d'Ivoire, nous avons réalisé (et continuons de le faire) d'importants travaux réseau dont l'objectif majeur a été de remplacer les équipements par d'autres de nouvelle génération et plus performants ; cette évolution répond aux besoins croissants des clients et à notre ambition de fournir des services toujours innovants. Les capacités de traitement des équipements ont donc été renforcées afin d'anticiper la hausse du trafic et les réseaux du futur.

Cela dit, au-delà de ces aspects techniques, plusieurs prérequis demeurent indispensables afin de préparer au mieux les populations à l'expérimentation de cette nouvelle technologie en Côte d'Ivoire.

Jean Mermoz Konandi

Publié le 20/11/20 21:56

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