Le Nigeria pourrait bientôt franchir un nouveau cap dans sa stratégie de transformation économique. En effet, le gouvernement fédéral a confirmé l'ouverture de négociations avec des investisseurs chinois pour un montant pouvant atteindre 5,7 milliards de dollars, soit 3 172,4 milliards FCFA, ciblant des secteurs jugés stratégiques. Il s'agit de la production d'électricité, l'exploitation et la transformation des ressources minières, et l'industrie manufacturière.
Selon le ministère fédéral en charge des Finances, les discussions ont été formalisées à l'issue d'une rencontre ce 23 février à Abuja, et les propositions examinées portent sur la production d'énergie à grande échelle, le traitement local des minéraux et la création de nouvelles unités industrielles destinées à stimuler l'emploi, renforcer les capacités d'exportation et accroître la valeur ajoutée domestique. Pour Abuja, l'enjeu dépasse la simple mobilisation de capitaux. Le futur accord s'inscrit dans une stratégie de reconstruction des capacités productives et de réduction de la dépendance historique du Nigeria aux exportations de matières premières. En renforçant l'offre d'électricité, talon d'Achille de l'économie nigériane, le gouvernement entend créer les conditions d'une industrialisation durable et d'une montée en gamme de ses chaînes de valeur minières et manufacturières.
Le ministère souligne que ces projets devraient renforcer la sécurité énergétique, soutenir la croissance industrielle de long terme et catalyser la participation du secteur privé, tout en améliorant la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et internationaux. L'initiative est présentée par les autorités comme un témoignage de la confiance croissante des investisseurs dans la trajectoire économique du pays, sous la présidence de Bola Ahmed Tinubu. Depuis son arrivée au pouvoir, Abuja a engagé des réformes sensibles visant à améliorer le climat des affaires, la gouvernance économique et l'allocation des ressources, avec pour objectif de repositionner la première économie d'Afrique comme un hub régional de production et de transformation.
Même si les échéanciers précis et la structuration financière des projets n'ont pas encore été dévoilés, le gouvernement insiste sur le caractère ciblé de ces investissements, concentrés sur des secteurs à forts effets multiplicateurs en matière d'emplois, d'exportations et de substitution aux importations.
Pékin, partenaire clé de la mutation industrielle nigériane
L'intérêt chinois pour le Nigeria ne date pas d'hier, mais il s'intensifie. Selon les données relayées par des sources locales, les entreprises chinoises ont investi plus de 1,3 milliard de dollars dans la transformation du lithium au Nigeria au cours des deux dernières années. Par ailleurs, 25 investisseurs chinois, conduits par China Overseas Engineering Group, ont récemment inspecté des sites dans l'État de Katsina pour des projets agricoles et d'énergies renouvelables évalués à 720 millions de dollars. En octobre dernier, Stellar Steel Company Limited, adossée à des capitaux chinois, a annoncé l'implantation d'une usine sidérurgique de 450 millions de dollars dans l'État d'Ogun.
Si elles aboutissent, les négociations en cours pourraient constituer l'un des plus importants investissements étrangers envisagés ces dernières années au Nigeria. Elles renforceraient la base industrielle nationale, réduiraient la dépendance aux produits finis importés et consolideraient la transition stratégique du pays vers une économie davantage orientée vers la production locale et la transformation des ressources.
Publié le 24/02/26 10:28
Narcisse Angan
SN
CEMAC