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Investir en bourse : Le marché actions et ses risques

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Les marchés financiers présentent une alternative de financement pour l'économie. Ils permettent ainsi aux entreprises (privées ou publiques) de lever des fonds pour financer leurs investissements en faisant appel directement ou indirectement aux épargnants.

Les marchés actions sont sans doute ceux qui viennent le plus spontanément à l'esprit du grand public lorsqu'on parle des marchés financiers, car il suffit juste aujourd'hui d'allumer sa télévision pour avoir accès à une chronique liée à l'actualité boursière.

La Bourse fascine et intrigue à la fois une grande partie des non-initiés qui voient, bien souvent, derrière son jargon de spécialiste, une réalité complexe et difficile à cerner.

En fait, la Bourse des valeurs ou marché de capitaux est le lieu où s'échangent différents produits financiers, dont les plus connus sont les actions et les obligations.

La plupart de ceux qui interviennent sur ce marché, le font dans l'espoir de réaliser un placement fructueux de leurs excédents de liquidités.

Et pourtant, comme tout investissement, l'investissement en Bourse comporte également des risques.

Le risque zéro n'existe nulle part, ni en Bourse ni ailleurs. Ainsi, l'investissement sur le marché actions comporte généralement deux grandes catégories de risques : le risque de marché et le risque spécifique.

  • Le risque de marché ou risque systématique

Le risque de marché ou risque systématique est dû à l'évolution de l'ensemble de l'économie, de la fiscalité, des taux d'intérêt, de l'inflation. De ce fait, il affecte l'ensemble des actions.

Ce risque est assimilable au risque de perte résultant des fluctuations de l'ensemble du marché financier.

Ainsi, à partir du moment où un investisseur décide d'entrer en Bourse, il s'expose de facto au risque de marché ou risque systématique.

Par exemple, si après une forte progression des cours des actions, les investisseurs décident de les céder, l'ensemble des titres du marché sera sujet à la baisse. Dans un tel cas de figure, un investisseur qui décide d'acheter une action, peu importe la société à laquelle celle-ci se rattache, fera face au risque de marché dans son ensemble.

Globalement, c'est le risque corrélé à celui du marché. Les spécialistes du marché financier diront qu'il est proportionnel au coefficient bêta, une valeur mathématique qui permet d'apprécier la volatilité du titre due au marché : plus celle-ci est élevée (bêta supérieur à 1), plus le risque de marché du titre est fort car ce titre démultiplie les fluctuations du marché, et inversement pour un titre dont le bêta est inférieur à 1; on dira qu'il atténue les fluctuations du marché.

A titre d'illustration, nous procédons à l'analyse graphique du titre SONATEL.

Ainsi, la lecture graphique de l'action SONATEL révèle que le titre est fortement corrélé au marché. De plus, le bêta du titre SONATEL ressort à 0,99. La sensibilité du titre par rapport aux fluctuations du marché est donc élevée.

Figure 1 : Evolution comparée du cours de SONATEL Vs Cours du Composite

                                                                                         Source : Sika Finance

Le risque de marché peut également intégrer le risque-pays. Celui par exemple de la Côte d'Ivoire est un facteur déterminant dans le bon fonctionnement du marché financier régional.

Pour preuve, la réalisation d'un sinistre en Côte d'Ivoire (qu'il soit d'ordre politique, économique ou social), induira de facto un manque à gagner pour l'ensemble des 35 sociétés ivoiriennes cotées (sur 45) à la BRVM. Une telle situation impactera in extenso et de façon négative la performance globale du marché.

Le risque de marché ou risque systématique, de par sa spécificité, est le risque auquel tout investisseur à la bourse ne saurait se soustraire, peu importe son profil.

  • Le risque spécifique

Contrairement au risque de marché, le risque spécifique résulte uniquement d'éléments particuliers qui affectent tel ou tel titre : il peut s'agir de la mauvaise gestion de l'entreprise, de l'incendie qui détruit sa principale unité de production ou d'une invention technologique qui rend obsolète ses produits.

Ainsi, si vous achetez une action appartenant à une société ne bénéficiant pas d'une conjoncture favorable, son cours aura tendance à chuter brutalement à la bourse.

C'est le cas par exemple du titre SOGB qui a vu son cours baisser de façon drastique sur un an à la BRVM. En effet, héritant d'un contexte international marqué par la chute des cours mondiaux du caoutchouc, la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby (SOGB), au capital de 21 milliards FCFA, a vu son résultat net du 3ème trimestre 2018 baisser de 85,7% par rapport à la même période de l'année dernière. Cette situation a induit un repli de 56,84% de son cours en bourse.

Figure 2 : Evolution du cours de l'action SOGB

                                                                                          Source : Sika Finance

Voir aussi - Côte d'Ivoire : Mesure d'allègement fiscal en faveur des exploitations hévéicoles

De nombreuses autres valeurs au niveau de la BRVM, ont été également victimes de risques de perte spécifiques, durant l'année 2018. On pourrait évoquer à titre d'exemple, la liquidation de la société ivoirienne de négoce, SAF-Cacao, qui a ébranlé le secteur bancaire ivoirien.

Le risque spécifique qui est inhérent à la prévalence d'une mauvaise information sur un titre, peut également induire un autre type de risque : le risque de liquidité, qui est donc inclus dans le risque spécifique.

            Le risque de liquidité

Le risque de liquidité est lié au risque de ne pas pouvoir nouer de transactions autour d'un actif financier à un moment donné. Plus concrètement sur le marché actions, un investisseur peut éprouver des difficultés à revendre facilement ses titres faute d'acheteurs sur le marché.

Cette situation peut également être perçue comme un désintérêt des investisseurs vis-à-vis de ce titre du fait notamment d'une absence de perspective reluisante pour l'entreprise.

A la BRVM, ce risque est représenté par de faibles volumes échangés (en valeur) sur certains titres, à l'image de certaines valeurs comme NEI-CEDA, SAFCA et SICOR, pour ne citer que ceux-là.

Contrairement au risque de marché, le risque systémique peut être réduit, voire éliminer. Cette réduction du risque spécifique en accroissant le nombre de lignes de titres a été quantifiée par Pogue et Solnik (1974).

Contrairement au risque de marché, le risque systémique peut être réduit, voire éliminer. Cette réduction du risque spécifique en accroissant le nombre de lignes de titres a été quantifiée par Pogue et Solnik (1974).

C'est pourquoi la gestion des risques sur le marché action est au cœur de la préoccupation des gérants de fonds.

Dans un tout prochain article, nous reviendrons sur les différentes stratégies visant à réduire le risque spécifique sur le marché action à la BRVM.

Publié le 12/03/19 18:29

Dr Ange Ponou

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