Séoul, la capitale de la Corée du Sud, accueillera, du 8 au 11 septembre 2026, la Conférence ministérielle de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), a annoncé jeudi le ministère sud-coréen des Finances. Organisé conjointement par la Banque d'importation et d'exportation de Corée (Korea Eximbank) et la Banque africaine de développement (BAD), cet événement international réunira les ministres des Finances de 54 États africains, des dirigeants d'institutions financières ainsi que des acteurs clés du secteur des TIC.
Placée sous le thème de l'utilisation stratégique de l'intelligence artificielle et des infrastructures numériques pour la transformation de l'Afrique, cette assise internationale vise à stimuler la croissance économique sur le continent grâce au transfert d'expertise et aux partenariats industriels.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte mondial où l'adoption des technologies émergentes constitue un levier déterminant pour la modernisation des économies. D'après le Rapport sur le développement dans le monde 2026 publié récemment par la Banque mondiale, les pays en développement possèdent la capacité d'accomplir en une seule décennie des progrès qui nécessitaient auparavant un siècle entier.
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Toutefois, la réalisation d'un tel bond technologique, communément appelé leapfrogging, exige des investissements rapides et ciblés dans les infrastructures de base, la formation des compétences et le renforcement des institutions. La Banque mondiale exhorte ainsi les gouvernements à agir sans attendre afin d'éviter que l'expansion de la technologie ne creuse davantage les écarts entre les nations très industrialisées et les pays à revenu faible ou intermédiaire.
En Afrique, l'engouement suscité par l'intelligence artificielle se heurte à des contraintes structurelles importantes. Les conclusions d'une évaluation approfondie conduite par l'UNESCO auprès de 32 pays africains en 2021 ont révélé que le développement et l'intégration des systèmes d'IA figuraient déjà parmi les priorités stratégiques d'une vingtaine d'États.
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Néanmoins, d'importantes disparités persistaient quant aux cadres réglementaires. Même si plus de 20 pays déclaraient disposer d'une législation pour la protection des données personnelles, seulement une dizaine d'entre eux avaient instauré des mécanismes juridiques pour prévenir les préjugés et les discriminations algorithmiques liés au genre ou à l'origine. De plus, 19 nations indiquaient offrir un accès libre aux données gouvernementales ouvertes, favorisant ainsi la transparence et l'innovation publique.
Outre les défis d'ordre juridique, cette même étude montre que 26 pays enregistraient un déficit de compétences pour traiter les implications éthiques de l'IA, alors que 23 nations soulignaient un manque de moyens financiers et humains pour élaborer des normes industrielles conformes aux exigences éthiques, et que 16 pays faisaient face à une absence de jeux de données d'apprentissage indispensables au développement de modèles locaux.
C'est précisément pour répondre à ces attentes et à bien d'autres que la rencontre consultative de Séoul, créée en 2006, s'orientera vers la recherche de solutions concrètes pour appliquer l'IA à des secteurs prioritaires comme la santé, l'agriculture et l'éducation, posant ainsi un socle solide pour dynamiser les flux financiers et technologiques entre la Corée du Sud et le continent africain.
Anselme Akéko
Publié le 14/08/26 14:12
La Rédaction
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