Le Fonds monétaire international envoie un signal de confiance mesuré à l'égard de l'économie burkinabè. En visite à Ouagadougou le 6 février 2026, le directeur général adjoint de l'institution, Kenji Okamura, a salué la capacité du pays à maintenir ses équilibres macroéconomiques malgré un environnement sécuritaire et humanitaire particulièrement contraignant.
Selon le responsable du FMI, cette résilience repose sur une combinaison de politiques économiques jugées prudentes et d'une progression rapide des exportations. Ces facteurs ont permis de soutenir la croissance tout en maintenant la dette publique sur une trajectoire soutenable et en contenant les pressions inflationnistes.
Dans un contexte régional marqué par des chocs multiples, ce diagnostic constitue un message important pour les investisseurs et les partenaires techniques et financiers.
Une discipline budgétaire au cœur de la stabilité
Le FMI insiste toutefois sur la nécessité de consolider ces acquis. L'institution recommande la poursuite d'une gestion macroéconomique rigoureuse afin de préserver la stabilité financière et d'ancrer durablement la croissance. Au centre de cette stratégie figure le renforcement de la discipline budgétaire.
L'amélioration de la mobilisation des ressources intérieures apparaît comme un levier clé. L'objectif est double. D'une part, dégager des marges pour financer les dépenses sociales, notamment dans un contexte de pressions humanitaires. D'autre part, renforcer la capacité du pays à absorber la volatilité des cours des matières premières, en particulier l'or et le pétrole qui influencent fortement les recettes et l'équilibre extérieur.
Relancer le secteur privé pour élargir la base de croissance
À plus court terme, le FMI estime que des mesures ciblées peuvent contribuer à redynamiser le tissu entrepreneurial. L'enjeu est de poser les bases d'une croissance plus robuste et mieux répartie entre les secteurs.
Le programme de réformes engagé par les autorités est jugé ambitieux. Il vise notamment à améliorer la gouvernance budgétaire, développer les infrastructures essentielles et accélérer la diversification économique afin de réduire la dépendance aux ressources extractives. L'institution souligne également l'importance d'accroître l'efficacité des investissements publics, de poursuivre la digitalisation de l'économie et de promouvoir l'innovation comme moteurs de productivité.
Capital humain et résilience extérieure comme priorités structurelles
Les échanges ont également porté sur le développement du capital humain, considéré comme un déterminant central de la croissance à moyen terme. L'amélioration des compétences, de l'éducation et de l'accès aux services sociaux constitue un préalable à une transformation économique durable.
Dans le même temps, la réduction des vulnérabilités extérieures demeure une priorité. Pour un pays exposé aux chocs sécuritaires, climatiques et aux fluctuations des marchés internationaux, la capacité à diversifier ses sources de revenus et à renforcer ses amortisseurs macroéconomiques est déterminante.
Au terme de sa visite, Kenji Okamura a réaffirmé l'engagement du FMI aux côtés du Burkina Faso et sa volonté de poursuivre un partenariat qualifié de productif.
Publié le 09/02/26 10:07
La Rédaction
SN
CEMAC