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Congo : Les opérateurs forestiers veulent capter plus de valeur sur le marché domestique

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La filière bois congolaise cherche à changer de logiciel. Réunis récemment à Pointe-Noire dans le cadre d'un atelier multi-acteurs, les opérateurs forestiers, les administrations et les acteurs de la transformation ont affiché une ambition commune : faire du marché intérieur un véritable relais de création de valeur, au-delà du schéma historiquement tourné vers l'exportation de grumes et de sciages primaires. La démarche s'inscrit dans la mise en œuvre du projet Marché intérieur du bois (MIB Congo), porté par l'Association technique internationale des bois tropicaux avec l'appui de Union européenne, et vise à structurer une demande locale régulière en bois légal et durable.

Avec environ 69 % de couverture forestière, soit 23,5 millions d'hectares, la République du Congo dispose d'un des plus grands réservoirs forestiers d'Afrique centrale, et d'un secteur qui pèse déjà lourd dans l'économie nationale : 5,6 % du PIB, derrière le pétrole (70 % du PIB). Mieux, la filière est un pilier social : près de 7 000 emplois directs et 15 000 emplois indirects, ce qui en fait le 2ᵉ pourvoyeur d'emplois après l'État, selon le rapport annuel conjoint Congo-UE.

L'enjeu est donc de retenir une part plus importante de la valeur ajoutée sur le territoire. Le projet MIB Congo entend renforcer l'approvisionnement du marché domestique en bois certifié, tout en créant des passerelles opérationnelles entre grandes entreprises forestières, TPME et artisans. Au cours des discussions, la promotion des essences moins connues, la valorisation des sciages de courtes longueurs et le développement de produits transformés à plus forte valeur ajoutée, ont d'ailleurs été en bonne place.

Mais la transition se heurte à des blocages structurels. Les participants ont pointé la faible implication des grandes concessions dans l'approvisionnement du marché intérieur, la cherté des produits transformés, les difficultés de légalisation des scieurs artisanaux, l'accès limité au bois séché, ainsi que des coûts logistiques élevés et une parafiscalité dissuasive pour les TPME. Les recommandations formulées au terme des échanges, ont dessiné une feuille de route visant à accélérer les textes encadrant les petits permis forestiers, vulgariser la réglementation du bois domestique, inciter les grandes entreprises à mettre à disposition produits et sous-produits, déployer des mécanismes de normalisation et introduire des incitations ciblées pour la chaîne de valeur.

Idrissa Diakité

Publié le 07/02/26 14:39

La Rédaction

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