À compter du 25 mai 2026, tout ressortissant Africain pourra entrer au Ghana sans avoir à payer de visa. Le président John Dramani Mahama a officialisé cette décision le 2 avril lors de la visite d'État du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa à Accra, faisant du Ghana le cinquième pays du continent à adopter une telle politique, aux côtés du Bénin, de la Gambie, du Rwanda et des Seychelles.
Concrètement, le voyageur africain dépose sa demande d'e-visa en ligne avant son départ, sans frais et sans avoir à se rendre dans une ambassade. Plus besoin de payer ni de se déplacer, tout se fait à distance, en quelques clics. Une nouvelle plateforme numérique dédiée à ce processus devrait être lancée dans les semaines à venir pour faciliter les démarches, tout en maintenant les contrôles habituels aux frontières. Les détails sur la durée de séjour autorisée et les documents requis seront précisés lors du lancement officiel.
Le choix du 25 mai, Journée de l'Afrique, illustre l'ambition affichée par Accra de se poser comme un acteur central de l'unité continentale. Le ministre des Affaires étrangères, Sam Okudzeto Ablakwa, a insisté sur le fait que cette mesure vient consolider le rôle historique du Ghana comme berceau du panafricanisme, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour le tourisme et le commerce intra-africain.
Cette annonce s'inscrit dans une dynamique plus large. L'idée avait été esquissée dès janvier 2025 par l'ancien président Nana Akufo-Addo, sans toutefois se concrétiser avant la fin de son mandat. L'administration Mahama relance donc ce projet en lui donnant une date ferme et un cadre opérationnel clair. Depuis 2025, le Ghana a par ailleurs négocié 23 accords de dispense de visa pour ses propres citoyens, témoignant d'une diplomatie de la mobilité de plus en plus affirmée.
Sur le plan économique, les autorités tablent sur un impact significatif pour le tourisme et les échanges commerciaux intra-africains. La mesure devrait également donner un coup d'accélérateur à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAF, dont la fluidité des mouvements de personnes constitue l'un des piliers essentiels.
Fanuelle YAO
Fanuelle YAO
Publié le 03/04/26 10:32
La Rédaction
SN
CEMAC