Kinshasa et Washington ont conclu un partenariat de 1,2 milliard USD sur la période 2026-2031. L'annonce a été faite dans un communiqué conjoint publié le 26 février par la République démocratique du Congo et les États-Unis. L'accord prévoit 900 millions USD d'appui américain et 300 millions USD correspondant à une hausse graduelle des dépenses nationales de santé engagée par Kinshasa. Le dispositif couvre la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, la santé maternelle et infantile, l'éradication de la poliomyélite, la surveillance épidémiologique ainsi que la préparation aux urgences sanitaires.
Ce partenariat s'inscrit dans la Stratégie de santé mondiale America First, cadre à travers lequel Washington redéfinit son aide sanitaire extérieure. L'approche rompt avec le financement sans contrepartie et impose désormais aux États bénéficiaires d'augmenter leurs propres ressources budgétaires, tout en conditionnant le décaissement américain à l'atteinte d'indicateurs précis. Des mécanismes d'incitation financière sont prévus pour les pays dépassant les objectifs convenus.
Le schéma retenu avec Kinshasa reprend un modèle déjà testé ailleurs sur le continent. En décembre 2025, Washington et le Cameroun ont signé un protocole quinquennal de 400 millions USD, soit environ 240 milliards de FCFA, destiné à renforcer la sécurité sanitaire, la riposte aux épidémies, la formation du personnel soignant et la modernisation des systèmes de données. Le gouvernement camerounais avait alors mis en avant " un partenariat axé sur la solidité des infrastructures et la fiabilité des données sanitaires ".
La Côte d'Ivoire a, elle aussi, conclu un accord bilatéral de 937 millions USD. Washington s'est engagé à fournir jusqu'à 487 millions USD sur cinq ans. Abidjan prévoit d'injecter 450 millions USD dans de nouveaux programmes nationaux et 125 millions USD supplémentaires pour soutenir les agents de santé de première ligne et les produits essentiels. L'accord ivoirien met l'accent sur la surveillance épidémiologique, les laboratoires, la logistique et la numérisation des chaînes d'approvisionnement, tout en ouvrant des débouchés aux entreprises américaines spécialisées dans les données et la gestion des flux médicaux.
Depuis 2001, les États-Unis indiquent avoir mobilisé plus de 204 milliards USD pour appuyer les systèmes de santé à l'étranger. " Nous préservons ce qui a fait ses preuves tout en corrigeant ce qui ne fonctionne pas ", a déclaré un haut responsable américain, soulignant que la réduction des foyers épidémiques à l'étranger constitue aussi une mesure de protection du territoire américain.
Perton Biyiha
Publié le 27/02/26 11:18
La Rédaction
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