La Banque africaine de développement (BAD) renforce son engagement en faveur de l'intégration financière régionale et de la transition énergétique en Afrique de l'Ouest. Son Conseil d'administration a approuvé, le 17 juin à Abidjan, une facilité de financement de 100 millions de dollars destinée à la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), le bras financier de l'organisation ouest-africaine.
Cette opération combine un investissement en capital de 30 millions de dollars et une ligne de crédit de 70 millions de dollars dédiée au financement de projets d'énergie propre dans la région.
La première composante marque une étape historique pour la BIDC. Avec cette prise de participation, la BAD devient la première institution financière de développement à entrer au capital de la banque sous-régionale et à siéger à son Conseil d'administration. Au-delà de l'apport financier, cette entrée au capital vise à renforcer la crédibilité de la BIDC auprès des investisseurs internationaux et à élargir ses capacités de mobilisation de ressources.
Pour Andrews Amankwah, directeur du département Trésorerie et mobilisation des ressources de la BIDC, il s'agit d'''une étape importante dans l'évolution de l'institution''. Il estime que l'arrivée d'un actionnaire majeur bénéficiant de la notation AAA ‘'renforce sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux'' et soutient sa stratégie de financement du développement durable.
Un effet de levier de 230 millions USD pour les énergies renouvelables
La seconde composante repose sur une ligne de crédit à long terme de 70 millions de dollars destinée à soutenir de nouveaux investissements dans les chaînes de valeur de l'énergie propre en Afrique de l'Ouest. Les ressources seront orientées vers des projets bénéficiant aux populations et aux entreprises encore insuffisamment desservies.
Selon Ahmed Rashad Attout, directeur du développement du secteur financier à la BAD, cette enveloppe devrait générer un puissant effet multiplicateur. ‘'La ligne de crédit accordée devrait permettre de mobiliser près de 230 millions de dollars de financements'' pour des projets d'énergies renouvelables, principalement solaires et hydroélectriques.
Les investissements attendus devraient permettre l'installation d'une capacité additionnelle de 207 mégawatts, contribuant ainsi à renforcer l'offre énergétique régionale tout en accélérant la décarbonation des économies ouest africaines.
1,4 million de personnes concernées
Les retombées économiques et sociales annoncées sont significatives. Les projets financés devraient améliorer l'accès à l'électricité de plus de 250 000 ménages, soit près de 1,4 million de personnes à travers la région.
Sur le plan environnemental, les infrastructures soutenues permettraient d'éviter chaque année environ 355 500 tonnes d'émissions de CO₂ équivalent. L'initiative devrait également stimuler l'emploi local, avec une forte implication des jeunes qui devraient représenter plus de 70% des emplois permanents créés.
Cette opération s'inscrit dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et illustre la volonté de la BAD de s'appuyer sur les institutions financières régionales pour amplifier l'impact du financement du développement.
Pour la BIDC, basée à Lomé depuis sa création en 1999, ce soutien constitue un levier majeur pour renforcer son rôle de catalyseur des investissements stratégiques et accompagner la transition énergétique de l'Afrique de l'Ouest à une échelle inédite.
Publié le 19/06/26 09:53
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC