Les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) disposent désormais d'un QR Code de paiement commun. Lancé le 30 juillet 2026 à Douala par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) et le Groupement interbancaire monétique de l'Afrique centrale (GIMAC), ce dispositif permet d'utiliser un même QR Code au sein des banques, des établissements de microfinance et des services de paiement agréés dans toute la sous-région. Derrière cette évolution se trouve la volonté de lever les barrières qui empêchaient jusqu'ici les paiements électroniques de circuler librement entre le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale.
Selon les informations communiquées par la BEAC et le GIMAC lors de la cérémonie présidée par le gouverneur Yvon Sana Bangui, un commerçant n'aura désormais besoin que d'un seul QR Code pour recevoir des paiements provenant de différents établissements financiers. De son côté, un client pourra régler ses achats à l'aide de l'application de sa banque ou de son prestataire de services de paiement, sans être limité par le système utilisé par le commerçant.
Jusqu'à présent, chaque banque, opérateur de mobile money ou fintech développait son propre QR Code. Cette absence de norme commune empêchait les différents réseaux de communiquer entre eux. En pratique, un utilisateur d'un service de paiement pouvait se retrouver dans l'impossibilité de régler un commerçant utilisant une autre plateforme, tandis que certaines cartes bancaires fonctionnaient difficilement en dehors de leur marché national. L'adoption d'un standard communautaire vise précisément à mettre fin à cette fragmentation des moyens de paiement.
Une infrastructure pensée pour le marché régional
Pour la banque centrale, cette normalisation dépasse la seule dimension technologique. Elle constitue également un levier d'intégration économique. Le gouverneur de la BEAC a ainsi estimé que " l'utilisation du QR Code induit un potentiel de transformation sans précédent de l'écosystème financier de notre zone communautaire, en garantissant davantage d'interopérabilité, en simplifiant les transactions quotidiennes et en créant les conditions d'une meilleure intégration économique entre les États membres ".
Les premiers résultats sont déjà visibles. Selon les données présentées par le GIMAC, la phase pilote menée au Gabon a permis de rendre près de trois millions de portefeuilles électroniques compatibles avec cette technologie. Environ 2 000 QR Codes y sont déjà utilisés. À l'échelle de la CEMAC, 24 institutions exploitent actuellement cette solution, tandis qu'une trentaine d'autres projets sont en cours de déploiement. L'objectif affiché est d'atteindre 20 000 QR Codes avant la fin de 2026, puis 120 000 en 2027.
Ce projet est déployé dans une région où, selon les chiffres de la BEAC et du GIMAC, le taux d'inclusion financière demeure proche de 32 %, une progression largement soutenue par le développement du mobile money. Les promoteurs de cette infrastructure estiment que ce QR Code communautaire pourrait accélérer l'adoption des paiements numériques, favoriser l'intégration progressive des activités informelles dans les circuits financiers formels et réduire le recours aux espèces, contribuant ainsi à la modernisation des paiements au sein de la CEMAC.
Perton Biyiha
Publié le 31/07/26 16:20
La Rédaction
SN
CEMAC