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Afrique : 7 pays, dont le Nigeria désormais soumis au droit de douane de 12,5% imposé par Trump sur les exportations

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Le durcissement de la politique commerciale américaine est désormais une réalité pour plusieurs économies africaines. En effet, depuis le 24 juillet dernier, les États-Unis appliquent officiellement un droit de douane additionnel de 12,5% sur les importations concernées en provenance de 60 économies à travers le monde, dont sept pays africains : le Nigeria, l'Algérie, l'Angola, l'Égypte, la Libye, le Maroc et l'Afrique du Sud. Aucun de ces pays ne bénéficie donc du taux préférentiel de 10%, réservé à un groupe restreint de partenaires commerciaux. Cette mesure a été prise en vertu d'une nouvelle politique commerciale radicale que le président Donald Trump a justifiée comme une réponse à l'insuffisance des mesures de prévention du travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Si de nombreuses catégories de produits stratégiques restent exemptées, cette mesure introduit une nouvelle incertitude pour les exportateurs du continent et pourrait redessiner les flux commerciaux vers le marché américain. En effet, contrairement aux premières inquiétudes suscitées par cette annonce, le droit de douane de 12,5% ne concerne pas l'ensemble des exportations africaines.

Le dispositif américain prévoit de nombreuses exemptions couvrant notamment les véhicules, l'acier, l'aluminium, plusieurs produits agricoles, les minéraux critiques, certains produits pharmaceutiques, ainsi que diverses matières premières stratégiques déjà soumises à d'autres régimes tarifaires. Les entreprises devront ainsi vérifier, produit par produit, si leurs marchandises sont effectivement concernées par cette nouvelle taxation. Cette distinction est particulièrement importante pour les exportateurs, l'impact réel de la mesure dépendant davantage de la classification douanière des produits que du seul pays d'origine.

Le Nigeria et l'Angola relativement protégés grâce au pétrole

Parmi les pays africains concernés, le Nigeria et l'Angola pourraient finalement subir un impact plus limité que ne le laisse penser le taux affiché. Selon Charlie Robertson, économiste en chef d'Equity Group Holdings, cité par des sources internationales, les exportations pétrolières, qui constituent la principale source de revenus extérieurs de ces deux pays, figurent parmi les produits exemptés. En conséquence, la charge tarifaire effective supportée par leurs exportations vers les États-Unis serait proche de zéro, malgré l'application officielle du droit de douane de 12,5%.

En revanche, la situation est plus contrastée pour l'Afrique du Sud. Si les exportations d'or, de platine et d'argent sont exclues du dispositif, certains produits industriels et les diamants demeurent susceptibles d'être affectés par les nouvelles mesures.

Une nouvelle pression sur les relations commerciales Afrique–États-Unis

Cette décision intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à approfondir leurs relations commerciales avec les États-Unis, dans un contexte marqué par les incertitudes entourant l'avenir de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), principal accord préférentiel régissant les échanges entre Washington et l'Afrique subsaharienne.

Pour les entreprises exportatrices des sept pays concernés, plusieurs options se présentent désormais : absorber le surcoût douanier, répercuter la hausse sur les prix de vente, renégocier les contrats avec les importateurs américains ou encore réorienter une partie de leurs exportations vers d'autres marchés. Les autorités sud-africaines ont déjà annoncé leur intention de poursuivre les discussions avec Washington, afin d'obtenir un allègement ou une suppression de ces droits de douane, tout en renforçant leur réglementation contre les importations issues du travail forcé et du travail des enfants.

Des opportunités malgré les nouvelles barrières commerciales

Tous les effets de cette réforme ne sont toutefois pas négatifs pour le continent. Charlie Robertson estime qu'environ 85% des pays africains restent en dehors du champ d'application de ces nouveaux droits de douane et continuent de bénéficier des avantages de l'AGOA. Il souligne également que les fabricants africains de textile pourraient désormais bénéficier d'un léger avantage concurrentiel face à leurs concurrents d'Asie du Sud, notamment en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, eux aussi soumis à des droits de douane américains compris entre 10% et 12,5%.

Pour les investisseurs, cette évolution pourrait renforcer l'attractivité de certaines plateformes industrielles africaines orientées vers l'exportation, à condition que les gouvernements concernés parviennent à tirer parti de ce nouvel environnement commercial et à sécuriser durablement leur accès au marché américain.

Publié le 31/07/26 11:47

Narcisse Angan

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