menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

La Cosumaf accorde à Geneva Investment Corporation le premier agrément d’agence de notation en zone CEMAC

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 10h21min

La Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (Cosumaf) a accordé, le 7 août 2026, son premier agrément à une agence de notation opérant sur le marché financier régional. Geneva Investment Corporation est désormais habilitée à exercer cette activité dans la zone CEMAC, sous la référence COSUMAF-AGN-01/2026.La décision a été prise à l'issue de la session ordinaire du Collège de la Cosumaf, tenue le même. Elle fait suite à une demande déposée le 27 octobre 2025 par Serges Mathieu Kombou, alors administrateur directeur général de Geneva Investment Corporation. Dans une seconde décision prise le 7 août, le régulateur a également agréé ce dernier en qualité d'administrateur directeur général de l'agence.

L'agrément couvre les catégories d'entités, d'émetteurs, d'émissions et d'instruments financiers correspondant aux méthodologies communiquées par Geneva Investment Corporation à la Cosumaf. La décision impose par ailleurs à l'agence de maintenir des moyens humains, techniques et financiers adaptés à son activité, ainsi que des règles strictes en matière d'indépendance et de gouvernance.Sur le plan de la gouvernance, Geneva Investment Corporation est présidée par Lucien Wilfried Guennolé Mabondzo, président du conseil d'administration. Le conseil compte également Serges Mathieu Kombou, Serge Saidi Kibandwa, Césaire Kakpo, Saint Claire Tebao Tia et Joseph Ange N'Da Kacou.

Un premier acteur régional face aux grandes agences internationales

L'agrément de Geneva Investment Corporation intervient dans un marché où la notation reste encore peu développée en Afrique centrale. Jusqu'à présent, les émetteurs de la CEMAC qui souhaitaient faire évaluer leur solvabilité s'appuyaient essentiellement sur des agences internationales. L'installation d'un acteur reconnu par le régulateur régional élargit donc les possibilités d'évaluation du risque de crédit et peut favoriser l'émergence d'une expertise davantage ancrée dans les réalités économiques de la sous-région.

La CEMAC rejoint ainsi un mouvement déjà engagé dans d'autres espaces monétaires africains. Dans l'UEMOA, des structures comme Bloomfield Investment Corporation et West Africa Rating Agency (WARA) interviennent depuis plusieurs années sur ce segment. Leur présence montre qu'une offre de notation à l'échelle régionale peut accompagner le développement des marchés financiers et fournir aux entreprises, aux banques et aux autres émetteurs des références supplémentaires lorsqu'ils recherchent des financements.

L'intérêt de cette nouvelle agence ne sera toutefois pas le même pour tous les acteurs. Pour les entreprises et les établissements financiers, elle pourrait contribuer à mieux documenter leur profil de risque auprès des investisseurs et des prêteurs. Pour les États, son rôle devra davantage se distinguer des informations déjà disponibles sur le marché régional des titres publics. Les adjudications de la BEAC, les rendements des titres, les transactions sur le marché secondaire ou encore les courbes de taux fournissent déjà une partie des éléments permettant aux investisseurs d'apprécier les conditions de financement des États.

La valeur ajoutée attendue se situe donc surtout dans l'analyse du risque de crédit. Une agence implantée dans la région peut notamment intégrer dans ses évaluations des facteurs propres aux économies de la CEMAC : dépendance aux matières premières, structure des recettes publiques, situation extérieure, profondeur du système financier ou encore capacité des émetteurs à faire face à leurs engagements. Cette approche ne signifie pas qu'elle sera nécessairement plus favorable aux émetteurs locaux, mais qu'elle pourra offrir un autre regard sur leur solvabilité.

L'enjeu est d'autant plus important que la notation financière fait depuis longtemps l'objet de discussions en Afrique. Les notes attribuées par Fitch Ratings, Moody's ou S&P Global Ratings influencent fortement la perception du risque souverain et les conditions auxquelles les États et les entreprises peuvent accéder aux marchés internationaux. Certains responsables et analystes africains leur reprochent cependant de ne pas toujours restituer pleinement les spécificités des économies du continent. Les agences internationales font valoir, pour leur part, que l'utilisation de critères communs est indispensable pour comparer les risques entre pays et préserver la crédibilité des marchés.

Perton Biyiha 

Publié le 13/08/26 08:44

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

UHnkP1-yIDs-5F4vNgDZIcIPLfHv7m-pQg_R2kCB6H8 False