Pour la deuxième année consécutive, la Côte d'Ivoire a été distinguée par GlobalCapital, référence mondiale de la presse financière spécialisée, en remportant deux prix lors de sa cérémonie annuelle de récompenses : celui de " L'émetteur le plus impressionnant d'Afrique " et celui du " Responsable des financements le plus impressionnant d'Afrique ", décerné à M. Diaby, Directeur Général des Financements (DGF, structure sous tutelle du ministère ivoirien de l'Economie et des Finances chargée de la gestion de la dette publique).
Parmi les autres lauréats de cette cérémonie qui s'est tenue le 17 juin 2026 à l'hôtel Raffles à Londres, figurent des institutions de premier plan, notamment des banques d'investissement, des fonds d'investissement, des fonds souverains et des agences de notation de référence mondiale, tels que Moody's Ratings, Morgan Stanley, Barclays, le Public Investment Fund d'Arabie Saoudite, par ailleurs l'un des plus importants fonds souverain au monde, ainsi que Wellington un gestionnaire d'actifs américain.
Au-delà de leur portée symbolique, ces distinctions comptent parmi les plus prestigieuses du secteur financier mondial. Elles sont attribuées à l'issue d'un vote réunissant les banques d'investissement, institutions financières et sociétés de gestion les plus influentes de la planète. Recevoir cette reconnaissance deux années de suite constitue ainsi une consécration de la stratégie de financement déployée par la Côte d'Ivoire et de l'expertise développée au sein de la Direction générale des Financements et du ministère de l'Économie, des Finances et du Budget ces dernières années.
Dans un environnement marqué par la remontée des taux d'intérêt, les tensions géopolitiques et une sélectivité accrue des investisseurs vis-à-vis des économies émergentes, cette reconnaissance traduit surtout la confiance grandissante des marchés dans la capacité du pays à gérer sa dette, diversifier ses sources de financement et accéder à des instruments financiers de plus en plus sophistiqués.
La reconnaissance d'une stratégie de long terme
Lorsque M. Diaby recevait ces mêmes distinctions au printemps 2025, il affirmait que l'objectif de la Côte d'Ivoire n'était pas de collectionner les récompenses mais de continuer à innover et à diversifier ses sources de financement afin d'accompagner la transformation économique du pays. Douze mois plus tard, les opérations réalisées par la DGF semblent avoir donné corps à cette ambition.
Le second semestre 2025 restera comme l'une des périodes les plus marquantes de l'histoire financière récente du pays. En juillet, la Côte d'Ivoire devenait le premier État d'Afrique subsaharienne à accéder au marché obligataire japonais grâce à une émission Samouraï de 50 milliards de yens, soit près de 340 millions de dollars.
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L'opération, d'une maturité de dix ans avec un coupon de seulement 2,3 %, a permis au pays d'attirer de nouveaux investisseurs institutionnels asiatiques, parmi lesquels Japan Post Bank, tout en réduisant sa dépendance aux marchés traditionnels en dollars et en euros.
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Quelques mois plus tard, Abidjan innovait à nouveau avec un prêt lié au développement durable de 433 millions d'euros bénéficiant d'une structure inédite associant les garanties de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Une première mondiale qui est depuis considérée comme un cas d'étude par plusieurs institutions financières internationales et pays émergents.
Cette double garantie du Groupe Banque mondiale a permis de couvrir 95 % du principal et des intérêts, offrant à la Côte d'Ivoire des conditions de financement particulièrement avantageuses : une maturité de quinze ans, dont dix années de différé, et un coût inférieur d'environ 400 points de base à celui de sa courbe Eurobond.
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Pour les acteurs des marchés internationaux, ces opérations ont illustré la capacité croissante du pays à mobiliser des financements innovants tout en optimisant le coût de sa dette.
Une gestion de la dette devenue une référence
Au fil des années, la Direction générale des Financements s'est progressivement imposée comme l'une des administrations de gestion de la dette les plus performantes du continent.
Cette réputation repose autant sur l'innovation financière que sur la qualité de l'exécution.
Les émissions internationales réalisées récemment par la Côte d'Ivoire ont souvent été lancées à des moments particulièrement favorables, juste avant d'importants épisodes de volatilité mondiale. Les Eurobonds émis en 2025 et en 2026 ont ainsi précédé respectivement les turbulences liées aux tensions commerciales américaines puis la dégradation du contexte géopolitique au Moyen-Orient. De même, l'émission Samouraï est intervenue avant le resserrement de la politique monétaire japonaise.
Pour le directeur général, ces résultats sont avant tout le fruit d'une préparation méthodique. " Nous suivons les marchés de très près, maintenons un dialogue constant avec nos partenaires financiers et effectuons les préparatifs nécessaires bien en amont, de sorte que lorsqu'une fenêtre favorable se présente, nous sommes en mesure d'agir de manière décisive et rapide. Ce qui, vu de l'extérieur, ressemblait à un bon timing était, en réalité, une bonne préparation en interne ", explique-t-il.
Cette approche proactive de la gestion de la dette a progressivement renforcé la crédibilité du pays auprès des investisseurs internationaux et des agences de notation.
Financer l'ambition économique de la Côte d'Ivoire
Selon M. Diaby, derrière cette stratégie financière se trouve un objectif clairement assumé : soutenir la vision économique portée par le président ivoirien Alassane Ouattara traduite au travers de Plan Nationaux de Développement (PND) quinquennaux.
D'ailleurs, l'actuel Plan National de Développement 2026–2030 prévoit une enveloppe d'investissement de l'ordre de 200 milliards de dollars, en vue d'accélérer la transformation structurelle de l'économie ivoirienne avec une contribution étatique appelée à représenter environ 30 % de ce financement global.
Pour répondre à cet enjeu, la DGF poursuit une stratégie articulée autour de trois priorités : diversifier les sources de financement, renforcer la soutenabilité de la dette et approfondir les marchés de capitaux régionaux.
Cette démarche passe notamment par le développement des financements en monnaie locale. Après avoir lancé le premier Eurobond offshore libellé en franc CFA par un souverain africain, la Côte d'Ivoire entend poursuivre le développement du marché obligataire international en monnaie locale afin d'allonger les maturités et d'élargir la base d'investisseurs.
Parallèlement, le pays joue un rôle moteur dans le développement des marchés financiers de l'UEMOA. Cette dynamique a récemment été illustrée par le lancement du Programme conjoint de développement des marchés de capitaux (JCAP), porté par l'UEMOA et le Groupe Banque mondiale.
Le cap de l'"Investment Grade"
L'accession au statut d'"Investment Grade" constitue l'autre ambition stratégique portée par la Direction Générale des Financements, par ailleurs en droite ligne de la vision des autorités ivoiriennes.
La trajectoire engagée ces dernières années rapproche progressivement le pays de ce seuil. Après plusieurs relèvements successifs accordés par Moody's, S&P et Fitch, la Côte d'Ivoire affiche aujourd'hui des notations BB/Ba2 auprès des trois principales agences internationales ce qui la place au deuxième rang des souverains les mieux notés d'Afrique subsaharienne.
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La gestion active du passif constitue l'un des leviers mobilisés pour poursuivre cette progression. Le remboursement anticipé de l'Eurobond 2032 annoncé le 29 mai 2026 illustre cette volonté d'améliorer la structure du portefeuille de dette tout en renforçant la lisibilité de la courbe souveraine ivoirienne pour les investisseurs.
En parallèle, la DGF poursuit le renforcement de ses relations avec les investisseurs internationaux. Des missions d'étude ont récemment été menées au Maroc, aux Philippines et en Indonésie afin d'intégrer les meilleures pratiques observées parmi les souverains émergents les plus performants.
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La consécration d'une équipe
Si les distinctions de GlobalCapital mettent en lumière le rôle de M. Diaby, elles consacrent également le travail d'une administration qui s'est profondément transformée ces dernières années.
Le Directeur général indique que son objectif, au-delà de la mobilisation de financements, a toujours été de bâtir une organisation capable d'anticiper les risques, d'innover constamment et de s'aligner sur les meilleurs standards internationaux. Au regard des nombreux résultats obtenus et des distinctions décernées à la DGF, cette ambition semble aujourd'hui avoir été pleinement réalisée.
Deux années de reconnaissance consécutives par les plus grands acteurs des marchés financiers mondiaux suggèrent que cette ambition est désormais largement reconnue au-delà des frontières ivoiriennes. Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu n'est plus seulement d'accéder aux capitaux internationaux, mais de consolider sa place parmi les références émergentes en matière de gestion de la dette souveraine et de financement du développement.
Publié le 18/06/26 13:18
La Rédaction
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