menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

La Côte d'Ivoire vise plus de 1 300 MW de solaire d'ici 2035

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 2h20min

Avec Ferké Solar, la Côte d'Ivoire ouvre un nouveau chapitre de sa politique énergétique. L'inauguration de cette centrale photovoltaïque de 52 MWc à Ferkessédougou, le 4 juillet, ne constitue pas seulement la mise en service du deuxième parc solaire du pays. Elle marque le point de départ d'un changement d'échelle assumé : Abidjan entend désormais porter sa capacité solaire installée à plus de 1 300 MW d'ici 2035 afin d'accompagner l'industrialisation, renforcer sa souveraineté énergétique et accélérer la décarbonation de son mix électrique.

La cérémonie d'inauguration s'est déroulée en présence du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, et du ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.

Une nouvelle étape dans le déploiement du solaire

D'une puissance installée de 52 MWc, répartie sur 70 hectares grâce à 73 341 panneaux photovoltaïques de dernière génération, Ferké Solar devient la deuxième centrale photovoltaïque de grande capacité mise en service en Côte d'Ivoire, après la première phase de la centrale de Boundiali (37,5 MWc), inaugurée en avril 2024.

L'infrastructure produira près de 90 GWh d'électricité par an, de quoi alimenter plusieurs centaines de milliers de foyers, tout en évitant environ 39 000 tonnes d'émissions de CO₂ chaque année, soit plus d'un million de tonnes sur l'ensemble de sa durée de vie.

Estimé à 41 milliards FCFA, le projet est porté par PFO Énergies, filiale du groupe ivoirien PFO Africa. Il constitue le premier projet solaire de cette envergure développé, financé et exploité par un producteur indépendant ivoirien. Lancé en février 2025, il a été réalisé en treize mois.

Cap sur plus de 1 300 MW d'ici 2035

Pour le gouvernement, cette inauguration dépasse largement la seule mise en service d'une centrale supplémentaire.

" Conformément à la vision du président de la République, cette cérémonie s'inscrit dans la stratégie de la Côte d'Ivoire d'accélérer sa transition énergétique par la diversification de son mix électrique. L'objectif est de porter la part des énergies renouvelables à 46,3 % du mix énergétique à l'horizon 2035 ", a rappelé Mamadou Sangafowa-Coulibaly.

Le ministre a annoncé que plusieurs autres centrales photovoltaïques verront le jour au cours des prochaines années, notamment à Korhogo, Katiola, Tengréla, Bouna, Kong, Bondoukou, Dabakala, Touba et dans d'autres localités, afin de porter la capacité solaire installée du pays à plus de 1 300 MW.

Cette ambition s'appuie sur un portefeuille de projets déjà largement identifié. Outre Boundiali et Ferké Solar, des centrales sont programmées ou en cours de développement à Bondoukou (50 MWc), Katiola (50 MWc), M'Bengué (50 MWc), Kong (50 MWc), Tengréla (50 MWc), Korhogo (16 MWc), Touba-Loboa (60 MWc), Sérébou (25 MWc), Mankono (50 MWc), Odienné (50 MWc) ou encore Soubré (25 MWc).

Cette nouvelle trajectoire marque un changement d'échelle. Les premières feuilles de route tablaient sur environ 678 MW de capacité photovoltaïque à l'horizon 2030. En portant désormais son ambition à plus de 1 300 MW d'ici 2035, le gouvernement traduit sa volonté d'accélérer l'intégration du solaire dans un système électrique encore majoritairement alimenté par les centrales thermiques.

Un modèle de partenariat public-privé

Au-delà de sa dimension énergétique, Ferké Solar illustre également la stratégie des autorités consistant à mobiliser davantage les capitaux privés pour financer les infrastructures.

Le projet a été financé grâce à une combinaison de capitaux privés, de financements concessionnels internationaux et d'institutions africaines de développement.

Selon Clyde Fakhoury, administrateur de PFO Africa, le modèle retenu repose sur un mécanisme de type Build-Operate-Transfer (BOT).

" PFO Énergies finance, construit et exploite cette centrale avant d'en transférer la propriété à l'État. Le risque est assumé par le secteur privé ; le bénéfice patrimonial revient durablement à l'État, sans alourdir la dette souveraine ", a-t-il expliqué.

Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a d'ailleurs appelé les opérateurs privés ivoiriens à s'engager davantage dans les grands projets d'infrastructures énergétiques et invité les partenaires techniques et financiers à poursuivre leur accompagnement.

Renforcer la souveraineté énergétique

Pour le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, cette centrale représente également un levier de développement territorial.

Selon lui, Ferké Solar contribuera à renforcer l'approvisionnement électrique du nord du pays, à accélérer l'électrification des zones rurales, à soutenir la création d'emplois et à réduire progressivement le coût de l'électricité.

Le responsable gouvernemental a rappelé que le taux d'accès à l'électricité est passé de 33,1 % en 2011 à plus de 90 % aujourd'hui, illustrant l'ampleur des investissements réalisés dans le secteur.

À travers l'accélération des projets solaires, mais aussi la poursuite des investissements dans l'hydroélectricité, les centrales thermiques à gaz et les interconnexions régionales, la Côte d'Ivoire cherche désormais à répondre à une demande électrique en forte progression, alimentée par l'industrialisation, l'essor du secteur minier et la croissance démographique.

Avec un objectif désormais fixé à plus de 1 300 MW de capacité solaire installée à l'horizon 2035, Abidjan fait du photovoltaïque non plus un simple complément de son mix énergétique, mais l'un des principaux leviers de sa stratégie de sécurité énergétique, de décarbonation et de compétitivité économique.

Publié le 06/07/26 10:53

Jean Mermoz Konandi

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

Z5LvF6nmzIfDoV3awBOSrmDWNIgj9rKtnTVLnS_RMEQ False