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Mali : Un projet de 190 millions USD porté par la BAD pour renforcer l’alimentation électrique de la capitale

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Le Mali passe une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures énergétiques. En effet, le Conseil national de transition (CNT) a adopté à l'unanimité le projet de loi autorisant la ratification des accords de financement conclus avec le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour la mise en œuvre du Projet Boucle 225 kV Nord de Bamako. Un investissement global estimé à 190 millions de dollars, soit près de 106 milliards FCFA. Cette initiative stratégique vise à renforcer durablement la sécurité et la fiabilité de l'alimentation électrique de la capitale malienne et de sa périphérie, tout en accompagnant la croissance économique du pays, rapporte un communiqué de la BAD publié ce 2 juillet.

Ce projet constitue l'un des plus importants investissements récents dans le secteur de l'électricité au Mali. Il permettra de moderniser le réseau de transport et de distribution, de raccorder 10 000 nouveaux ménages et petites entreprises au réseau électrique et d'améliorer la qualité de l'approvisionnement pour une quarantaine d'unités industrielles, réduisant ainsi les fréquentes perturbations qui affectent l'activité économique.

Un financement multilatéral structuré autour de la BAD

Le groupe de la Banque africaine de développement assure une part significative du financement du projet grâce à plusieurs mécanismes concessionnels et climatiques. Le Fonds africain de développement apporte un prêt de 35,27 millions de dollars, tandis que la Facilité d'appui à la transition mobilise 18,99 millions de dollars supplémentaires.

À ces ressources s'ajoutent un prêt de 5 millions de dollars et un don de 6,8 millions de dollars du Fonds d'investissement climatique, ainsi qu'un don de 2,2 millions de dollars du Fonds vert pour le climat. Au total, ces contributions représentent 36,13% du coût global du projet. Le reste du financement est assuré par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), qui couvre 27,36 % de l'investissement, la Banque islamique de développement (BID) avec 32,91%, tandis que l'État malien participe à hauteur de 3,6%.

L'investissement intervient dans un contexte où le secteur électrique malien fait face à des défis structurels importants. En 2023, le taux national d'accès à l'électricité s'établissait à 55,8 %, avec de fortes disparités entre les zones urbaines (86,6 %) et rurales (30,4 %). Dans le même temps, la demande énergétique progresse d'environ 10% par an, alors que les capacités de production restent insuffisantes et demeurent largement dépendantes des centrales thermiques et des importations de combustibles.

Le réseau souffre également de pertes techniques importantes et d'une situation financière fragile nécessitant un soutien budgétaire régulier de l'État. La modernisation des infrastructures apparaît ainsi comme une condition indispensable pour améliorer la performance du secteur et soutenir la croissance économique.

Des infrastructures stratégiques pour accompagner la transition énergétique

Le projet prévoit dans le détail, la construction d'une ligne haute tension de 225 kV reliant les postes de Kodialani et Dialakorobougou, ainsi que la création de deux nouvelles sous-stations électriques à Safo et Kénié. Trois postes existants, Kodialani, Kambila et Dialakorobougou, feront également l'objet d'importants travaux d'extension. À ces investissements s'ajoutera le déploiement de nouvelles lignes de moyenne et basse tension destinées à améliorer la distribution de l'électricité et à desservir plusieurs nouveaux quartiers de Bamako.

Ces infrastructures joueront un rôle déterminant dans l'intégration des futures capacités de production électrique du pays, notamment l'interconnexion énergétique Guinée–Mali, la ligne Manantali 2, ainsi que les futures centrales solaires prévues à Kambila et Safo. Elles contribueront ainsi à renforcer la résilience du système électrique tout en favorisant une production énergétique plus durable.

Au-delà de l'amélioration de l'accès à l'électricité, les autorités misent sur les importantes retombées économiques du projet. Une alimentation électrique plus stable devrait soutenir le développement des activités industrielles, des chaînes de valeur agricoles, ainsi que des petites et moyennes entreprises. Le recrutement de l'équipe chargée de la gestion du projet est actuellement en cours, tandis que le lancement officiel des travaux est attendu au troisième trimestre 2026.

Publié le 06/07/26 09:33

Narcisse Angan

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