Au Sénégal, selon le Document de programmation économique pluriannuel budgétaire (DPBEP 2027-2029), plusieurs sociétés nationales présentent un fort risque budgétaire. Il s'agit principalement de la Société nationale de recouvrement (SNR), dont la dégradation des capitaux propres est évaluée à - 86,7 milliards FCFA au 31 décembre 2024, pour un capital social de 25 millions FCFA. Cette situation est grandement expliquée par le dépérissement des missions originelles de la Société.
En perspective, pour redresser la barre, le gouvernement envisage plusieurs mesures telles que la révision du cadre juridique de la Société à l'effet d'une extension de ses missions ; la réévaluation libre de ces actifs ; la signature avec l'Etat d'une convention de règlement de dettes croisées. La continuité de l'activité devrait aussi s'accompagner de mesures de reconstitution des fonds propres et d'une redéfinition de l'objet social.
L'autre entreprise considérée comme un gouffre financier est SN-LAPOSTE. Depuis plus de dix ans, l'entreprise accumule des difficultés financières, logistiques et sociales. En fin 2024, les pertes cumulées dépassaient 100 milliards FCFA, les capitaux propres affichaient un déficit de 156 milliards FCFA.
Ainsi, le parachèvement de cette procédure va ramener le capital social à 6 milliards FCFA et les capitaux propres à 6,062 milliards FCFA. Cette mesure est une composante du plan global de restructuration de la Poste avec le volet d'un plan triennal de départ négocié déjà mis en œuvre dans sa première phase.
À côté de la SN LA POSTE, la Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA) présente des capitaux propres estimés à -2,55 milliards FCFA pour un capital social de 1 milliard FCFA. Ainsi, il est fortement recommandé à la société de respecter les dispositions quant à la poursuite de son activité et la reconstitution des fonds propres.
À côté de ces trois structures, des sociétés à participation publique majoritaire présentent un risque élevé du point de vue de la dégradation de leurs capitaux propres concernent. À Dakar Dem Dikk par exemple. la situation financière à fin 2024 dévoile des fonds propres négatifs à plus de 68 milliards FCFA pour un capital social de 1,5 milliard FCFA.
Pendant ce temps, à AIR SENEGAL : le volet reconstitution des fonds propres du plan global de restructuration validé en conseil interministériel est achevé. Le capital social est désormais ramené à 20 milliards FCFA, avec des fonds propres arrêtés à 20,7 milliards. Ses pertes sont estimées entre 139 et 149 milliards de francs CFA pour les seuls exercices 2022 et 2023.
Pour ce qui est de la SONACOS, le besoin de recapitalisation est estimé à 30 milliards FCFA est pris en charge en charge dans le cadre de la conversion des créances de l'Etat en prises de participations supplémentaires. Les fonds propres reconstitué s'élèvent désormais à 22,147 milliards FCFA. La société a connu un déficit historique de 33,03 milliards de FCFA entre les exercices 2023 et 2024, générant des capitaux propres négatifs de 9,5 milliards de FCFA.
Publié le 06/07/26 10:08
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC