Le groupe brésilien devient l'opérateur de huit permis couvrant 34 000 km², un record pour le bassin ivoirien. L'accord prévoit plus de 250 milliards FCFA d'investissements initiaux, de nouvelles acquisitions sismiques et plusieurs forages en eaux très profondes. Pour Abidjan, l'enjeu est désormais d'étendre l'exploration vers l'ouest, après les découvertes majeures réalisées dans les parties orientale et centrale du bassin.
La Côte d'Ivoire vient de conclure l'une des plus importantes opérations d'attribution de permis de son histoire pétrolière. Le gouvernement a signé, mercredi 17 septembre 2026 à Abidjan, huit contrats de partage de production avec Petrobras, donnant au groupe brésilien accès à près de 34 000 km² dans la partie occidentale du bassin sédimentaire ivoirien.
Les contrats portent sur les blocs CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702. Jamais un opérateur unique ne s'était vu attribuer simultanément un ensemble d'une telle ampleur en Côte d'Ivoire. Au-delà de sa taille, l'opération ouvre un nouveau front d'exploration. Jusqu'ici, l'activité pétrolière ivoirienne s'était principalement concentrée dans les parties est et centre du bassin, où les découvertes de Baleine et de Calao ont confirmé le potentiel du sous-sol offshore.
" Huit contrats de partage de production signés en une seule journée avec un même opérateur : c'est une première dans l'histoire de notre bassin sédimentaire ", a souligné le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Pour le ministre, cette signature constitue " une étape d'une portée historique " dans la stratégie de valorisation des ressources pétrolières nationales.
Plus de 250 milliards FCFA pour explorer l'offshore profond
L'entrée de Petrobras doit permettre à la Côte d'Ivoire d'accélérer l'acquisition de données dans une partie de son domaine maritime où les connaissances géologiques restent limitées. Le programme initial représente plus de 250 milliards FCFA d'investissements, principalement destinés à l'acquisition de données sismiques de dernière génération et à la réalisation des premiers forages.
La première période, d'une durée de deux à trois ans, sera consacrée à l'achat, au retraitement et à l'interprétation des données sismiques existantes, ainsi qu'à des études géologiques et géophysiques. Les phases suivantes, étalées sur trois à quatre ans, prévoient l'acquisition de 4 491 km² de données sismiques 3D et la réalisation de plus d'une dizaine de forages, selon le Directeur général des Hydrocarbures, Essé Bienvenu.
Ces travaux devront permettre de produire une image plus précise du sous-sol avant d'engager les campagnes de forage, plus coûteuses. " Ces huit blocs se situent dans les zones les plus reculées et les plus profondes de notre bassin sédimentaire ", a expliqué Esse Bienvenu.
La signature consacre un travail de prospection engagé dix-huit mois plus tôt. En marge de la CERAWeek, grand rendez-vous mondial de l'industrie énergétique, le ministre ivoirien avait rencontré les responsables du groupe brésilien pour leur présenter les opportunités offertes par le bassin national. " La cérémonie qui nous réunit aujourd'hui est l'aboutissement d'une démarche que nous avons entamée à CERAWeek, aux États-Unis, en mars 2025 ", a rappelé Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Petrobras avait alors affiché son intérêt pour les eaux ivoiriennes, s'engageant à poursuivre les discussions.
Une expertise adaptée à la géologie ivoirienne
Le choix de Petrobras répond à une contrainte technique centrale : l'exploration de ces permis nécessitera une maîtrise avancée des opérations en eaux profondes et ultra-profondes.
La compagnie brésilienne a développé une expertise mondialement reconnue dans ces environnements, notamment dans les bassins de Santos et de Pará-Maranhão. Certaines de leurs configurations géologiques présentent, selon les responsables ivoiriens, des similitudes avec celles observées dans l'offshore national.
" L'Atlantique nous sépare géographiquement, mais la géologie nous rapproche ", a résumé Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Le ministre estime que l'expérience accumulée par Petrobras dans le pré-sel brésilien sera particulièrement pertinente pour les blocs CI-701 et CI-702, parmi les plus profonds de l'ensemble attribué.
" Nous arrivons avec notre expérience, nos connaissances et nos technologies, développées au cours de plusieurs décennies dans l'industrie du pétrole et du gaz ", et la " Côte d'Ivoire devient l'un des pays africains clés pour Petrobras ", a déclaré Marcos Vallerio Gonçalves Galvão, directeur général de Petrobras Netherlands BV et représentant du groupe.
PETROCI pourra porter sa participation à 25 %
Les contrats prévoient une participation initiale de 10 % pour PETROCI, avec la possibilité d'acquérir 15 % supplémentaires en cas de découverte commerciale. La part de la société nationale pourrait ainsi atteindre 25 % lors du développement d'un éventuel gisement.
Dans un contrat de partage de production, l'opérateur finance les travaux d'exploration et, en cas de succès, une partie des hydrocarbures produits sert à récupérer les coûts engagés. Le solde est ensuite partagé entre l'investisseur et la partie ivoirienne selon les conditions prévues par le contrat.
Pour les huit blocs attribués, les parts initiales de la production partageable après récupération des coûts ont été fixées à 62,5 % pour la partie ivoirienne et à 37,5 % pour Petrobras. Le groupe versera également un bonus de signature global de 24 millions de dollars.
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cet équilibre doit à la fois rémunérer le risque financier et technique pris par Petrobras et préserver les intérêts de l'État ivoirien. Les retombées attendues ne se limitent toutefois pas au partage futur des barils : le gouvernement mise également sur le contenu local, la création d'emplois, le recours aux entreprises ivoiriennes et la transmission des compétences.
Pour la directrice générale de PETROCI Holding, qui apportera ici son expertise dans la connaissance de l'offshore ivoirien, l'association des deux compagnies doit devenir " un accélérateur de transformation " pour la société nationale. " Le transfert de connaissances et de technologies permettra à nos équipes de mieux maîtriser les activités de l'ultra-deep offshore et à PETROCI Holding de se rapprocher des meilleurs standards internationaux ", a-t-elle déclaré.
Trois quarts du bassin désormais sous contrat
Avec ces huit nouveaux permis, le taux d'occupation du bassin sédimentaire ivoirien atteint 75 %. Environ 63 000 km² sont désormais couverts par des activités d'exploration, d'évaluation ou de production. Abidjan vise, à terme, une couverture proche de 100 %.
Cette progression illustre le changement d'échelle engagé par la Côte d'Ivoire depuis la découverte de Baleine en 2021. Le pays cherche désormais à transformer ces premiers succès en une dynamique d'exploration plus large, capable de renouveler les réserves, d'augmenter la production et de soutenir l'émergence d'une industrie énergétique intégrée.
" L'exploration nécessite une vision à long terme ", a rappelé Marcos Vallerio Gonçalves Galvão. Pour Abidjan, cette vision consiste désormais à convertir le succès de Baleine et de Calao en une campagne beaucoup plus vaste, tout en utilisant le partenariat avec Petrobras pour renforcer PETROCI et installer durablement le pays parmi les nouvelles frontières pétrolières de l'Atlantique.
Présentée comme l'une des principales compagnies énergétiques mondiales, Petrobras affichait à fin 2025 une capitalisation boursière supérieure à 106 milliards de dollars, un chiffre d'affaires de 89,2 milliards de dollars et un bénéfice net de 19,6 milliards. Le groupe indique opérer près de 4,9 millions de barils équivalent pétrole par jour à travers son portefeuille d'actifs, et est la 8è plus importante compagnie pétrolière à l'échelle mondiale.
Le groupe brésilien devient l'opérateur de huit permis couvrant 34 000 km², un record pour le bassin ivoirien. L'accord prévoit plus de 250 milliards FCFA d'investissements initiaux, de nouvelles acquisitions sismiques et plusieurs forages en eaux très profondes. Pour Abidjan, l'enjeu est désormais d'étendre l'exploration vers l'ouest, après les découvertes majeures réalisées dans les parties orientale et centrale du bassin.
La Côte d'Ivoire vient de conclure l'une des plus importantes opérations d'attribution de permis de son histoire pétrolière. Le gouvernement a signé, mercredi 17 septembre 2026 à Abidjan, huit contrats de partage de production avec Petrobras, donnant au groupe brésilien accès à près de 34 000 km² dans la partie occidentale du bassin sédimentaire ivoirien.
Les contrats portent sur les blocs CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702. Jamais un opérateur unique ne s'était vu attribuer simultanément un ensemble d'une telle ampleur en Côte d'Ivoire. Au-delà de sa taille, l'opération ouvre un nouveau front d'exploration. Jusqu'ici, l'activité pétrolière ivoirienne s'était principalement concentrée dans les parties est et centre du bassin, où les découvertes de Baleine et de Calao ont confirmé le potentiel du sous-sol offshore.
" Huit contrats de partage de production signés en une seule journée avec un même opérateur : c'est une première dans l'histoire de notre bassin sédimentaire ", a souligné le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Pour le ministre, cette signature constitue " une étape d'une portée historique " dans la stratégie de valorisation des ressources pétrolières nationales.
Plus de 250 milliards FCFA pour explorer l'offshore profond
L'entrée de Petrobras doit permettre à la Côte d'Ivoire d'accélérer l'acquisition de données dans une partie de son domaine maritime où les connaissances géologiques restent limitées. Le programme initial représente plus de 250 milliards FCFA d'investissements, principalement destinés à l'acquisition de données sismiques de dernière génération et à la réalisation des premiers forages.
La première période, d'une durée de deux à trois ans, sera consacrée à l'achat, au retraitement et à l'interprétation des données sismiques existantes, ainsi qu'à des études géologiques et géophysiques. Les phases suivantes, étalées sur trois à quatre ans, prévoient l'acquisition de 4 491 km² de données sismiques 3D et la réalisation de plus d'une dizaine de forages, selon le Directeur général des Hydrocarbures, Essé Bienvenu.
Ces travaux devront permettre de produire une image plus précise du sous-sol avant d'engager les campagnes de forage, plus coûteuses. " Ces huit blocs se situent dans les zones les plus reculées et les plus profondes de notre bassin sédimentaire ", a expliqué Esse Bienvenu.
La signature consacre un travail de prospection engagé dix-huit mois plus tôt. En marge de la CERAWeek, grand rendez-vous mondial de l'industrie énergétique, le ministre ivoirien avait rencontré les responsables du groupe brésilien pour leur présenter les opportunités offertes par le bassin national. " La cérémonie qui nous réunit aujourd'hui est l'aboutissement d'une démarche que nous avons entamée à CERAWeek, aux États-Unis, en mars 2025 ", a rappelé Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Petrobras avait alors affiché son intérêt pour les eaux ivoiriennes, s'engageant à poursuivre les discussions.
Une expertise adaptée à la géologie ivoirienne
Le choix de Petrobras répond à une contrainte technique centrale : l'exploration de ces permis nécessitera une maîtrise avancée des opérations en eaux profondes et ultra-profondes.
La compagnie brésilienne a développé une expertise mondialement reconnue dans ces environnements, notamment dans les bassins de Santos et de Pará-Maranhão. Certaines de leurs configurations géologiques présentent, selon les responsables ivoiriens, des similitudes avec celles observées dans l'offshore national.
" L'Atlantique nous sépare géographiquement, mais la géologie nous rapproche ", a résumé Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Le ministre estime que l'expérience accumulée par Petrobras dans le pré-sel brésilien sera particulièrement pertinente pour les blocs CI-701 et CI-702, parmi les plus profonds de l'ensemble attribué.
" Nous arrivons avec notre expérience, nos connaissances et nos technologies, développées au cours de plusieurs décennies dans l'industrie du pétrole et du gaz ", et la " Côte d'Ivoire devient l'un des pays africains clés pour Petrobras ", a déclaré Marcos Vallerio Gonçalves Galvão, directeur général de Petrobras Netherlands BV et représentant du groupe.
PETROCI pourra porter sa participation à 25 %
Les contrats prévoient une participation initiale de 10 % pour PETROCI, avec la possibilité d'acquérir 15 % supplémentaires en cas de découverte commerciale. La part de la société nationale pourrait ainsi atteindre 25 % lors du développement d'un éventuel gisement.
Dans un contrat de partage de production, l'opérateur finance les travaux d'exploration et, en cas de succès, une partie des hydrocarbures produits sert à récupérer les coûts engagés. Le solde est ensuite partagé entre l'investisseur et la partie ivoirienne selon les conditions prévues par le contrat.
Pour les huit blocs attribués, les parts initiales de la production partageable après récupération des coûts ont été fixées à 62,5 % pour la partie ivoirienne et à 37,5 % pour Petrobras. Le groupe versera également un bonus de signature global de 24 millions de dollars.
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cet équilibre doit à la fois rémunérer le risque financier et technique pris par Petrobras et préserver les intérêts de l'État ivoirien. Les retombées attendues ne se limitent toutefois pas au partage futur des barils : le gouvernement mise également sur le contenu local, la création d'emplois, le recours aux entreprises ivoiriennes et la transmission des compétences.
Pour la directrice générale de PETROCI Holding, qui apportera ici son expertise dans la connaissance de l'offshore ivoirien, l'association des deux compagnies doit devenir " un accélérateur de transformation " pour la société nationale. " Le transfert de connaissances et de technologies permettra à nos équipes de mieux maîtriser les activités de l'ultra-deep offshore et à PETROCI Holding de se rapprocher des meilleurs standards internationaux ", a-t-elle déclaré.
Trois quarts du bassin désormais sous contrat
Avec ces huit nouveaux permis, le taux d'occupation du bassin sédimentaire ivoirien atteint 75 %. Environ 63 000 km² sont désormais couverts par des activités d'exploration, d'évaluation ou de production. Abidjan vise, à terme, une couverture proche de 100 %.
Cette progression illustre le changement d'échelle engagé par la Côte d'Ivoire depuis la découverte de Baleine en 2021. Le pays cherche désormais à transformer ces premiers succès en une dynamique d'exploration plus large, capable de renouveler les réserves, d'augmenter la production et de soutenir l'émergence d'une industrie énergétique intégrée.
" L'exploration nécessite une vision à long terme ", a rappelé Marcos Vallerio Gonçalves Galvão. Pour Abidjan, cette vision consiste désormais à convertir le succès de Baleine et de Calao en une campagne beaucoup plus vaste, tout en utilisant le partenariat avec Petrobras pour renforcer PETROCI et installer durablement le pays parmi les nouvelles frontières pétrolières de l'Atlantique.
Présentée comme l'une des principales compagnies énergétiques mondiales, Petrobras affichait à fin 2025 une capitalisation boursière supérieure à 106 milliards de dollars, un chiffre d'affaires de 89,2 milliards de dollars et un bénéfice net de 19,6 milliards. Le groupe indique opérer près de 4,9 millions de barils équivalent pétrole par jour à travers son portefeuille d'actifs, et est la 8è plus importante compagnie pétrolière à l'échelle mondiale.
Publié le 17/09/26 20:05
Jean Mermoz Konandi
SN
CEMAC