La Société américaine de financement du développement international (DFC) a officialisé, ce mercredi 16 septembre à Nairobi, son engagement d'investir jusqu'à 155 millions USD dans le fournisseur d'infrastructures numériques WIOCC. Cette prise de participation en actions, la plus importante de l'histoire de l'agence gouvernementale américaine, vise à soutenir l'expansion des réseaux de télécommunications en Afrique tout en assurant des débouchés stratégiques aux entreprises technologiques des États-Unis.
Pour mieux comprendre l'enjeu, il faut examiner la nature des installations concernées. Le web s'appuie sur des équipements physiques très concrets, comme les câbles sous-marins, les réseaux de fibre optique terrestre et les datacenters. Ces infrastructures sont indispensables au fonctionnement des services cloud et à l'intelligence artificielle (IA). Un marché mondial dont la valeur devrait atteindre 4 800 milliards USD d'ici 2033 selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Selon le PDG de la DFC, Ben Black, cet engagement financier s'inscrit dans une volonté affirmée de maintenir la compétitivité américaine dans la course aux nouvelles technologies, face à la concurrence étrangère. À ce titre, les autorités américaines renforcent leur présence sur le continent par le biais de divers financements ciblés.
Outre cet apport accordé à WIOCC, Washington a déjà attribué un prêt de 100 millions USD à l'opérateur Africell. Dans le même ordre d'idées, la firme américaine Digital Realty et sa marque locale Icolo ont annoncé ce mois-ci le déploiement d'une installation de 80 millions USD au Kenya. Des initiatives qui viennent répondre à une directive administrative enjoignant les agences publiques à promouvoir la technologie américaine à l'étranger et à constituer des réseaux sécurisés.
Lire aussi - Numérique : La diplomatie américaine des datacenters en Afrique
Il faut dire que les besoins d'équipements restent particulièrement pressants sur le territoire africain. Selon l'Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d'Internet sur le continent n'atteignait que 35,7% en 2025, alors que la moyenne globale s'élevait à 73,6%. Ce constat chiffré met en lumière d'importantes perspectives d'investissement pour accompagner le marché africain.
Face à ce défi, le groupe WIOCC (West Indian Ocean Cable Company), fondé en 2008, mobilise d'importantes ressources financières pour développer une plateforme ouverte et neutre vis-à-vis des opérateurs. Présente dans plus de 30 pays, le réseau exploite 200 000 km de câbles sous-marins, 115 000 km de fibre terrestre et des datacenters.
Historiquement détenu par un consortium d'opérateurs africains (Telkom Kenya, Djibouti Telecom, Uganda Telecom) et soutenu par la Société financière internationale (SFI), l'actionnariat de WIOCC se renforce par l'arrivée de trois investisseurs majeurs : l'Africa Finance Corporation (AFC) et la société saoudienne Vision Invest via un apport conjoint de 300 millions USD le 1er septembre, complété par la présente prise de participation de la U.S DFC.
Anselme Akéko
Publié le 17/09/26 17:44
La Rédaction
SN
CEMAC