L'Angola et la République démocratique du Congo accélèrent leurs ambitions énergétiques communes avec un projet de ligne électrique transfrontalière de 1 450 kilomètres, destiné à connecter les réseaux des deux pays et à redistribuer une partie des flux énergétiques entre l'Afrique centrale et l'Afrique australe.
Mandaté par le président congolais Félix Tshisekedi, le ministre des Ressources hydrauliques et de l'Énergie, Aimé Sakombi Molendo, s'est rendu à Luanda le 14 mai, où il a été reçu par le président angolais João Lourenço. Le directeur général de la Société nationale d'électricité (SNEL), Teddy Lwamba, a également pris part aux discussions.
À l'issue de cette rencontre, le ministre congolais a annoncé deux projets de lignes de transport électrique entre les deux pays. Selon les informations rapportées par l'agence publique angolaise ANGOP, une première interconnexion reliera Malanje, en Angola, à Fungurume, un centre stratégique de l'activité minière situé dans le sud-est de la RDC. Une seconde ligne doit relier Soyo, dans la province angolaise du Zaïre, au complexe hydroélectrique d'Inga, en territoire congolais. Cette infrastructure devrait permettre le transport de jusqu'à 2 000 mégawatts d'électricité.
Les autorités entendent désormais accélérer la phase préparatoire. Toujours selon la même source, après la transmission du rapport au président Félix Tshisekedi, les travaux techniques préalables doivent être intensifiés. Les deux pays visent un délai de 18 mois pour achever la liaison Soyo–Inga et lancer parallèlement les opérations sur la ligne Malanje–Fungurume.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par un décalage important entre le potentiel énergétique disponible en RDC et les capacités réellement exploitées.
Dans une analyse publiée en juillet 2025, le média congolais Finances & Entreprises indique que le pays dispose d'un potentiel électrique estimé à près de 100 000 MW, dont environ 40 000 MW concentrés sur le seul site d'Inga. En pratique toutefois, les volumes effectivement injectés dans le réseau demeurent largement en dessous de ce potentiel. La SNEL fournit actuellement environ 2 100 MW, alors que les installations existantes affichent une capacité totale de 2 800 MW.
Du côté angolais, la situation apparaît différente. Selon les données officielles du pays, l'Angola dispose d'un excédent exportable évalué à près de 4 000 MW. Les revenus potentiels liés aux exportations d'électricité pourraient atteindre jusqu'à 750 millions de dollars par an.
Ainsi, au-delà d'une simple interconnexion technique, ce projet pourrait permettre à la RDC de mieux valoriser ses infrastructures électriques existantes tout en offrant à l'Angola un débouché supplémentaire pour ses surplus énergétiques, dans une logique plus large d'intégration régionale des marchés de l'électricité.
Perton Biyiha
Publié le 19/05/26 17:19
La Rédaction
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