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L’algérien Gica se rapproche de la concrétisation de son projet de cimenterie au Tchad

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Le groupe public algérien Gica (Groupe industriel des ciments d'Algérie) a dépêché à N'Djamena une mission chargée d'évaluer les conditions de réalisation d'un investissement industriel dont les contours définitifs restent à préciser. Le projet pourrait notamment reposer sur le transfert au Tchad de la deuxième ligne de production de la cimenterie d'Adrar, située dans le sud de l'Algérie.

" Cette mission de prospection vise à recueillir les informations nécessaires à l'étude d'un projet de délocalisation au Tchad de la deuxième ligne de production de ciment de l'usine d'Adrar, en Algérie. Elle permettra de disposer d'une première évaluation des conditions techniques, économiques et logistiques requises pour la réalisation de cet investissement. Les échanges ont également permis d'identifier les principales étapes à envisager à court, moyen et long termes en vue de la concrétisation de ce projet, porteur de perspectives pour le développement de l'industrie cimentière nationale ", peut-on lire dans un communiqué publié le 1er juin par le ministère tchadien du Commerce et de l'Industrie.

Une coopération engagée depuis fin 2025

Le rapprochement entre les deux pays dans ce secteur a pris une dimension officielle en décembre 2025, à l'occasion d'une réunion tenue à Alger entre les ministres algériens de l'Industrie, des Hydrocarbures et des Mines et la ministre tchadienne du Pétrole, des Mines et de la Géologie.

Selon le ministère algérien de l'Industrie, les discussions avaient porté sur " les perspectives d'accompagnement technique, de réalisation d'un diagnostic industriel et minier, ainsi que de transfert de connaissances et d'expertise ", destinés à soutenir le développement de la filière cimentière tchadienne. 

Quelques semaines plus tard, en janvier 2026, à l'occasion du Salon international des mines, des carrières et des hydrocarbures (Semica Tchad 2026), organisé à N'Djamena, le dossier a connu une nouvelle avancée. Le communiqué publié à l'issue des échanges indiquait que ceux-ci avaient permis " d'évoquer la possibilité de créer des unités de broyage de clinker, soutenues par l'expertise algérienne et approvisionnées en matières premières depuis l'Algérie, afin de satisfaire les besoins du marché tchadien et de renforcer le développement local du secteur du ciment ".

Le Tchad dispose actuellement de deux principales unités industrielles. La Société nationale de ciment (Sonacim), implantée à Baoré, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, avait été conçue en 2011 pour produire 200 000 tonnes de ciment par an, soit environ 700 tonnes par jour. Mais ses performances se sont fortement dégradées au fil des années. Selon des données communiquées en octobre 2023, sa production est passée de 170 000 tonnes en 2021 à 44 672 tonnes en 2022, avant de chuter à seulement 10 000 tonnes en 2023.

La deuxième grande unité du pays est la cimenterie Cimaf de Lamadji, au nord de N'Djamena. Sa capacité théorique atteint 700 000 tonnes par an. Malgré la présence de ces deux acteurs industriels, le marché tchadien reste marqué par des tensions récurrentes sur l'offre, des difficultés d'approvisionnement et des prix élevés, traduisant un déficit structurel de production au regard de la demande.

Pour mémoire, le Groupe industriel des ciments d'Algérie (Gica) est le principal cimentier public algérien. Créé le 26 novembre 2009 à la suite de la transformation de l'ancienne Société de gestion des participations de l'industrie du ciment, le groupe est détenu à 100 % par l'État algérien. Il contrôle aujourd'hui 14 cimenteries et dispose d'une capacité de production supérieure à 20 millions de tonnes de ciment par an.

 

Perton Biyiha

Publié le 02/06/26 11:43

La Rédaction

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