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Le Cameroun lance un nouvel audit de sa dette flottante, alors que 300 milliards FCFA du stock 2000-2019 restent à apurer

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Le ministère camerounais des Finances (Minfi) a ouvert, par une lettre-circulaire datée du 19 août 2026, un nouveau cycle de recensement et d'audit de la dette flottante de l'État, portant cette fois sur la période 2020-2025, selon une note d'information du Minfi. Selon la Direction générale du Budget (DGB), la dette flottante désigne les engagements pris par les entités publiques sans inscription budgétaire préalable, pour des prestations effectivement réalisées mais restées impayées. Ces engagements, qui constituent un risque pour la trésorerie de l'État, peuvent notamment concerner les dettes salariales, commerciales, fiscalo-douanières, académiques, sociales et locatives

Les administrations publiques, les universités d'État, les entreprises et établissements publics ainsi que les communes concernées disposent jusqu'au 31 octobre 2026 pour transmettre leurs dossiers à la DGB. Cette nouvelle opération vise à identifier et à fiabiliser les engagements accumulés depuis 2020, mais aussi à " éviter la reconstitution permanente d'un stock d'arriérés " susceptible de fragiliser davantage la trésorerie publique, précise le document.

Le lancement de ce nouvel audit intervient alors que le précédent chantier, consacré aux créances accumulées entre 2000 et 2019, n'est toujours pas totalement soldé. Selon le Minfi, le montant global de la dette flottante validée au titre de cette période s'élève à 752,1 milliards FCFA, à l'issue du recensement et de l'audit engagés depuis 2021. Ce stock regroupe notamment des engagements salariaux, fiscalo-douaniers, commerciaux, académiques, sociaux et locatifs, ainsi que certaines indemnisations.

À fin 2025, 463,3 milliards FCFA avaient déjà été réglés, soit environ 61,6 % du stock validé. Il restait ainsi 288,8 milliards FCFA à apurer, soit près de 300 milliards FCFA. L'effort de règlement s'est concentré sur les deux derniers exercices : 232,9 milliards FCFA ont été décaissés en 2024, dont 182,9 milliards au titre de la dette salariale et 50 milliards pour la dette fiscalo-douanière. En 2025, les paiements ont atteint 230,4 milliards FCFA, selon la note du Minfi.

Cet apurement s'inscrit dans le cadre fixé par l'Instruction du 17 octobre 2024, qui prévoit un traitement différencié selon la nature des créances. La dette salariale devait ainsi être apurée sur la période 2024-2025. Pour la dette commerciale, l'État devait prendre en charge 70 % des créances, les 30 % restants revenant aux entités débitrices, sur la période 2024-2026. Quant à la dette fiscalo-douanière, son règlement est prévu sur sept ans à compter de 2025. Les dettes académiques, locatives et sociales, ainsi que les indemnisations, restent pour leur part directement imputées au budget de l'État.

Alors que le stock hérité de la période 2000-2019 n'est pas encore totalement apuré, la dette flottante de l'État demeure élevée. À fin juin 2026, elle s'établissait à 382,4 milliards FCFA, selon la note de conjoncture de la dette publique. Cet encours est resté stable sur un mois comme sur un trimestre, mais affiche une baisse de 7,1 % sur un an.

La structure de cette dette courante reste, elle aussi, largement dominée par les engagements salariaux, qui représentent 79,3 % de l'encours. Suivent la dette commerciale, avec 17 %, la dette locative (2,2 %), la dette fiscalo-douanière (1,1 %) et la dette sociale (0,4 %). Les indemnisations ne représentent que 0,1 % du total.

Cette persistance des impayés met en évidence la difficulté du gouvernement à contenir la formation de nouveaux arriérés, alors même qu'il poursuit l'apurement du stock hérité des années précédentes. Le Minfi reconnaît notamment que le recours aux avances de trésorerie pour financer des dépenses extrabudgétaires contribue à l'accumulation de nouvelles factures impayées. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 prévoit d'ailleurs de réduire ce recours.

Au-delà du simple recensement des créances accumulées entre 2020 et 2025, le nouvel audit doit permettre au gouvernement de déterminer le volume réel des engagements encore non apurés, d'en vérifier la régularité et de mieux prévenir la constitution de nouveaux arriérés.

Claude Paul Tjeg

Publié le 02/09/26 09:50

La Rédaction

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