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Le Cameroun perd son unique unité flottante de liquéfaction de gaz naturel

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Le norvégien Golar LNG a achevé ses opérations au Cameroun avec le départ du Hilli Episeyo, son unité flottante de liquéfaction de gaz naturel. Après huit années d'exploitation au large de Kribi, le navire a quitté les eaux camerounaises le 4 août 2026 pour rejoindre Singapour, où il doit subir des travaux avant son redéploiement en Argentine.

Le Hilli Episeyo a réalisé sa dernière opération commerciale au Cameroun le 27 juillet 2026, avec le chargement de sa 156e cargaison de GNL. À l'issue de cette opération, " les caissons froids ont été réchauffés, les trains de liquéfaction ont été arrêtés, le gaz a été purgé de la colonne montante d'alimentation, les lignes de remorquage ont été connectées, les ombilicaux et les chaînes d'amarrage ont été déconnectés et les équipements restants ont été sécurisés ", souligne Golar dans ses résultats intermédiaires au 30 juin 2026, publiés le 13 août.

Golar laisse ouverte la porte d'un retour au Cameroun

Si le contrat du Hilli Episeyo est désormais arrivé à son terme, Golar LNG ne ferme pas pour autant la porte au marché camerounais. Le groupe se dit même disposé à poursuivre sa collaboration avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et Perenco sur de futurs projets gaziers.

" Sur le plan opérationnel, nous sommes très satisfaits d'avoir achevé le contrat initial du Hilli avec une disponibilité de premier plan de 100 % pendant toute la durée du contrat de 8 ans. Nous tenons à remercier nos partenaires de projet, la SNH et Perenco, pour leur solide coopération et nous sommes motivés à l'idée de, nous l'espérons, travailler à nouveau ensemble sur des projets de monétisation du gaz au Cameroun à l'avenir ", a déclaré le PDG de Golar LNG, Karl Fredrik Staubo.

En attendant un éventuel nouveau projet au Cameroun, le Hilli Episeyo prend une autre direction. Après son passage au chantier naval de Seatrium, à Singapour, Golar prévoit de le déployer en Argentine dans le cadre d'un contrat de 20 ans à compter du second semestre 2027. Le navire sera affecté à la liquéfaction du gaz issu de la formation de Vaca Muerta.

Golar évalue à 350 millions USD l'enveloppe globale consacrée aux travaux de modernisation du Hilli, à son repositionnement, ainsi qu'à ses coûts d'exploitation, de carburant et d'assurance jusqu'au démarrage de ce nouveau contrat. Au 30 juin 2026, 71 millions USD avaient déjà été engagés.

Le Cameroun perd sa seule unité de liquéfaction

Le départ du Hilli intervient alors que le Cameroun ne dispose, à ce stade, d'aucune autre unité de liquéfaction annoncée pour prendre le relais. Le navire constituait la seule infrastructure permettant au pays de transformer en GNL une partie de ses ressources gazières offshore.

Sa capacité nominale atteint 2,4 millions de tonnes par an, mais sa production au Cameroun s'établissait autour de 1,2 million de tonnes de GNL par an. L'unité contribuait également à l'approvisionnement du marché local en GPL et produisait du condensat.

Cette fin d'exploitation intervient toutefois dans un contexte où le potentiel gazier du Cameroun reste important. Le pays dispose encore de réserves et de plusieurs zones d'exploration, notamment dans les bassins de Rio del Rey et de Douala/Kribi-Campo. En 2025, neuf blocs pétroliers et gaziers avaient été proposés aux investisseurs. Cinq ont depuis été attribués pour la négociation de contrats de partage de production, selon les informations de la SNH. Le bloc Bolongo a été attribué à Octavia Energy Corporation Limited, tandis que les blocs Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem sont revenus à Murphy West Africa.

Le retrait du Hilli intervient enfin alors que les perspectives de production du secteur pétrolier et gazier apparaissent moins favorables à court terme. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 du ministère des Finances prévoit une baisse de 24,6 % de l'activité du secteur pétrolier et gazier en 2027, principalement sous l'effet du recul de la production gazière. Une reprise est toutefois anticipée à partir de 2028, avec l'entrée en production de nouveaux champs.

Perton Biyiha 

Publié le 13/08/26 17:09

La Rédaction

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