Le Cameroun mise sur la facturation électronique pour renforcer ses ressources budgétaires internes. Selon le rapport-pays 2024 de la Banque africaine de développement (BAD), ce dispositif pourrait générer jusqu'à 100 milliards FCFA de recettes fiscales supplémentaires chaque année.
Pour concrétiser cette réforme, l'État a lancé, en mars 2025, le recrutement d'un cabinet de conseil chargé de mettre en place la plateforme numérique. Cette mesure s'inscrit dans le cadre du Projet d'appui à la gouvernance des finances publiques (PAGFIP). La facturation électronique vise d'abord à améliorer le taux de conformité des contribuables en rendant plus transparentes leurs transactions. Elle permet aussi à l'administration fiscale de suivre en temps réel l'activité des entreprises et de détecter plus rapidement les cas de fraude. En supprimant les factures papier, elle réduit les risques de dissimulation de chiffre d'affaires dans le secteur informel.
Le système permettra également de mieux cibler les contrôles fiscaux, de diminuer les coûts de traitement des données comptables pour les entreprises, et de sécuriser la transmission des factures. Il est aussi présenté comme un levier pour favoriser la concurrence et réduire certains risques internes dans les organisations, notamment les vols ou manipulations internes. Pour les consommateurs, la dématérialisation apporte plus de transparence sur les taxes réellement perçues par l'administration. Elle est aussi censée raccourcir les délais de paiement entre entreprises, ce qui pourrait améliorer la trésorerie des opérateurs économiques.
Outre la facturation numérique, d'autres initiatives sont mises en œuvre pour élargir la base de recettes fiscales. A en croire la BAD, le gouvernement prévoit notamment une économie de 15,5 milliards de FCFA en 2025 grâce à l'assainissement du fichier solde, à travers la suppression des doublons et des agents fictifs ; des recettes de 20 milliards FCFA issues du contrôle renforcé de la main-d'œuvre étrangère non déclarée ; un gain supplémentaire de 15 milliards FCFA attendu de l'optimisation de la taxe sur les transferts d'argent.
Perton Biyiha
Publié le 29/07/25 17:12
La Rédaction
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CEMAC