Les tensions qui perturbent les routes énergétiques au Moyen-Orient redessinent progressivement les circuits d'approvisionnement pétrolier en Asie. Après la Corée du Sud, qui a mobilisé des volumes provenant notamment du Congo et du Gabon afin de réduire sa dépendance au détroit d'Ormuz, le Vietnam se tourne à son tour vers l'Afrique centrale. Le groupe énergétique public vietnamien Petrovietnam a annoncé avoir reçu sa première cargaison de pétrole brut Djeno en provenance de la République du Congo, destinée à la raffinerie de Nghi Son, la plus importante du pays.
Selon les informations communiquées par Petrovietnam et relayées par Reuters le 18 mai, une cargaison de 950 000 barils a été déchargée la semaine dernière au terminal de cette installation pétrochimique située dans le nord du Vietnam. La raffinerie dispose d'une capacité de traitement de 200 000 barils par jour.
L'arrivée de ce brut congolais intervient dans un contexte où Hanoï rencontre des difficultés liées à son schéma traditionnel d'approvisionnement. Nghi Son dépendait jusqu'à présent presque exclusivement du pétrole koweïtien. Or, ces flux ont été affectés par la guerre impliquant l'Iran, Israël et les États-Unis, ainsi que par les perturbations qui touchent les routes pétrolières régionales.
Dans ce contexte, Petrovietnam souligne que " la diversification des sources d'approvisionnement en pétrole brut revêt une importance pratique pour renforcer l'autonomie en matières premières, soutenir la stabilité des opérations des raffineries et garantir l'approvisionnement du marché intérieur en produits pétroliers ".
Cette démarche du Vietnam semble s'inscrire dans un mouvement plus large observé en Asie. Quelques semaines auparavant, Séoul avait déjà mis en œuvre un dispositif d'urgence similaire afin de réduire son exposition aux risques pesant sur le détroit d'Ormuz. Reuters rapporte ainsi que la Corée du Sud, qui dépend de cette voie maritime pour environ 61 % de ses importations de brut et 54 % de ses importations de naphta, a sécurisé 110 millions de barils de remplacement pour les mois d'avril et de mai.
Yang Ki-wook, directeur général du Bureau de la sécurité de l'industrie, du commerce et des ressources au ministère sud-coréen du Commerce, cité lors d'un briefing relayé par l'agence, a indiqué que ces approvisionnements se répartissent entre 50 millions de barils en avril et 60 millions en mai.
Ces volumes proviennent de 17 pays, parmi lesquels figurent le Congo, le Gabon, l'Arabie saoudite, les États-Unis, le Brésil, l'Australie et le Canada. Selon les données du ministère sud-coréen, ces ressources alternatives représentent environ 60 % des besoins habituels du pays en avril et près de 70 % en mai.
La raffinerie de Nghi Son appartient à un consortium composé d'Idemitsu Kosan (35,1 %), Kuwait Petroleum (35,1 %), Petrovietnam (25,1 %) et Mitsui Chemicals (4,7 %).
Perton Biyiha
Publié le 19/05/26 10:02
La Rédaction
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