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Le Ghana annonce l’achèvement de son programme de sauvetage du FMI de 3 milliards USD

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Après plusieurs années de turbulences, le Ghana a annoncé officiellement ce 15 mais avoir conclu son programme de soutien de 3 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI), marquant ainsi la fin d'un cycle de sauvetage entamé en pleine crise et l'ouverture d'une nouvelle phase axée sur la stabilité durable et l'attractivité des investissements.

Sollicité en 2022, au plus fort d'une crise économique qualifiée de pire depuis une génération, le programme du FMI avait été déclenché dans un contexte marqué par l'explosion des coûts du service de la dette, une inflation galopante et un effondrement du cedi, la monnaie locale. La pandémie de COVID-19, les tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine et la hausse des taux d'intérêt mondiaux avaient accentué les déséquilibres macroéconomiques.

Trois ans plus tard, les autorités ghanéennes revendiquent un redressement tangible. L'inflation a nettement reculé, la monnaie nationale s'est stabilisée, tandis que les finances publiques ont été assainies. Les réserves internationales ont atteint environ 14,5 milliards de dollars en février 2026, soit près de six mois de couverture des importations, un niveau jugé confortable pour soutenir la résilience extérieure.


Le FMI lui-même évoque des ‘'gains substantiels en matière de stabilisation'', soulignant la baisse de l'inflation, le renforcement des réserves et l'amélioration de la confiance dans l'économie. La croissance économique en 2025 a même dépassé les attentes, portée notamment par la vigueur des exportations d'or. Dans le même temps, la trajectoire budgétaire s'est améliorée grâce à une politique de rigueur et à des réformes structurelles engagées depuis 2024. La restructuration de la dette, combinée à un regain de confiance des investisseurs, a contribué à repositionner progressivement le pays sur les marchés financiers. Cette dynamique a d'ailleurs été reconnue par les agences de notation, notamment Fitch Ratings, qui a récemment relevé la note souveraine du Ghana à " B ", avec perspective positive.

Cap sur un nouveau cadre sans financement

Plutôt que de prolonger un programme de financement classique, Accra a fait le choix de basculer vers un Instrument de coordination des politiques (ICP), un dispositif non financier du FMI. Ce cadre vise à accompagner les réformes, renforcer la discipline budgétaire et consolider la crédibilité des politiques économiques, sans recourir à de nouveaux emprunts.

Pour le président John Dramani Mahama, cette transition s'inscrit dans une volonté de sortir ‘'avec dignité'' du programme d'assistance, tout en maintenant le cap des réformes. Arrivé au pouvoir dans un contexte économique fragile, marqué par un chômage élevé et une perte de confiance généralisée, il met aujourd'hui en avant les progrès réalisés grâce à une consolidation budgétaire accélérée et à une rationalisation des dépenses publiques.

Au-delà de la stabilisation macroéconomique, l'enjeu est désormais d'ancrer durablement la confiance des investisseurs. Le nouvel accord avec le FMI devrait contribuer à réduire les coûts d'emprunt, attirer des capitaux privés et soutenir le financement des infrastructures essentielles. Les autorités ghanéennes affichent clairement leur ambition de retrouver à terme une notation ‘'Investment Grade'' et repositionner le pays comme une destination crédible pour les investissements à long terme.

Publié le 18/05/26 16:20

Narcisse Angan

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