La République du Congo revient une nouvelle fois sur les marchés internationaux avec une nouvelle émission obligataire en dollars arrivant à échéance en 2036. Selon les informations publiées ce mercredi par Reuters, le pays a simultanément annoncé le rachat d'une large part de son euro-obligation arrivant à échéance en 2032 et ouvert les souscriptions à une nouvelle émission internationale de référence libellée en dollars.
La nouvelle obligation affichera une échéance finale fixée au 26 mai 2036. D'après les indications initiales adressées aux investisseurs, son rendement pourrait s'établir autour de 10,5 %. L'instrument prendra la forme d'une obligation senior non garantie et sera amortissable, avec cinq remboursements annuels identiques prévus entre 2032 et 2036.
Les fonds levés serviront notamment à financer le rachat de l'obligation 2032 existante, mais aussi à refinancer des engagements contractés sur le marché intérieur. Cette opération s'inscrit ainsi dans une stratégie visant à réorganiser le profil de remboursement de la dette publique en étalant certaines échéances sur une période plus longue.
Concernant l'eurobond arrivant à échéance en 2032, Brazzaville prévoit de racheter 563,99 millions de dollars de titres portant un coupon de 9,875 %, à raison de 1 040 dollars pour chaque tranche de 1 000 dollars de principal, auxquels s'ajoutent les intérêts courus. Reuters indique que le règlement de l'opération est attendu le 26 mai, sous réserve de la finalisation du nouveau financement.
Une fois cette opération achevée, il ne resterait plus que 11,7 millions de dollars en circulation sur cette ligne obligataire. Un montant suffisamment faible pour permettre au pays d'activer une clause dite de " clean-up call ", qui lui donnerait la possibilité de racheter intégralement le reliquat et de clôturer définitivement cette émission. Citigroup intervient comme unique chef de file de l'opération et les nouvelles obligations devraient être cotées à Londres.
Washington au centre des discussions avec les investisseurs
Cette nouvelle sortie sur les marchés a été précédée d'une série d'échanges avec des investisseurs internationaux. Le 16 avril à Washington, le ministre des Finances, Christian Yoka, a conduit une délégation congolaise lors d'une rencontre avec une trentaine de gestionnaires d'actifs exposés à la dette souveraine du pays.
Dans un communiqué publié à l'issue de cette rencontre et cité par le ministère, les autorités expliquent que " cette initiative s'inscrit dans la continuité des émissions d'eurobonds réalisées entre novembre 2025 et février 2026, à l'occasion desquelles le gouvernement avait pris l'engagement d'entretenir un dialogue régulier et transparent avec la communauté financière internationale ".
Le même texte précise que " l'objectif est d'améliorer la perception du crédit du Congo et de réduire, à terme, le coût de financement de l'État ". Malgré ces efforts, le pays demeure classé dans la catégorie spéculative par les agences de notation. Fitch Ratings et S&P Global attribuent au Congo une note CCC+, tandis que Moody's le classe Caa2. S&P et Moody's maintiennent toutefois des perspectives stables.
Cette nouvelle opération intervient après plusieurs levées de fonds réalisées ces derniers mois sur les marchés internationaux. D'après les données communiquées par le ministère des Finances, le pays avait mobilisé 670 millions de dollars en novembre 2025 grâce à une obligation arrivant à échéance en 2032, avant de rouvrir cette ligne en décembre pour lever environ 260 millions supplémentaires.
Une autre émission de 700 millions de dollars avait ensuite été réalisée le 11 février 2026 avec une échéance fixée à 2035 et un taux de 9,5 %. Le remboursement du principal de cette dette doit débuter à partir de 2031 selon un calendrier annuel.
Toujours selon les autorités congolaises, les émissions récentes ont attiré plus d'une centaine d'investisseurs et généré un livre d'ordres dépassant les 2 milliards de dollars. La nouvelle obligation 2036 permettra désormais de mesurer la capacité du pays à préserver son accès aux marchés internationaux, dans un contexte où son coût de financement demeure élevé.
Perton Biyiha
Publié le 20/05/26 13:48
La Rédaction
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