menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

L’ONU propose 31 indicateurs pour redéfinir la lecture du progrès économique au-delà du PIB

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 18h13min

Pendant des décennies, le produit intérieur brut (PIB) s'est imposé comme la boussole unique de la performance économique. Mais cette lecture du progrès apparaît désormais insuffisante face à la montée des inégalités, à l'érosion de la confiance et aux tensions environnementales.

Un rapport porté par les Nations unies plaide pour une refonte méthodologique sans renoncer au PIB, mais en le complétant par un tableau de bord élargi. Objectif affiché, mieux saisir la réalité vécue par les populations.

Entre 1980 et 2025, l'économie mondiale n'a connu que deux contractions majeures, lors de la crise financière de 2009 et pendant la pandémie de Covid en 2020. Pourtant, cette trajectoire de croissance n'a pas empêché la dégradation de plusieurs indicateurs sociaux et institutionnels dans de nombreuses régions du monde.

Le constat est sans détour. ‘'La confiance dans les institutions s'est érodée, les inégalités se sont creusées et les pressions environnementales se sont intensifiées'', souligne le rapport, qui met en lumière un décalage croissant entre performance économique et expérience quotidienne des citoyens.

Dans ce contexte, Pedro Manuel Moreno, secrétaire général adjoint et secrétaire général par intérim de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), résume l'enjeu avec une formule devenue centrale dans le débat international. ‘'Ce que nous mesurons façonne ce à quoi nous accordons de la valeur'', affirme-t-il, avant d'ajouter que cette question est désormais au cœur de l'agenda multilatéral.

Voir aussi - L'ONU envisage lancer un nouvel indicateur de mesure du progrès économique

Le document propose la mise en place d'un tableau de bord composé de 31 indicateurs structurés autour de 4 piliers : la paix, les droits humains et la protection de la planète ; le bien-être actuel ; l'équité et l'inclusion ; ainsi que la durabilité et la résilience.

Ce cadre élargi couvrirait des dimensions longtemps marginalisées dans les analyses macroéconomiques classiques, comme la qualité des institutions, la cohésion sociale, l'accès à l'éducation, la santé, la pauvreté, les inégalités ou encore la transmission des capitaux économiques, humains, sociaux et naturels aux générations futures.

L'approche se veut pragmatique. Près de la moitié des indicateurs s'appuient déjà sur les Objectifs de développement durable (ODD), ce qui permet une intégration rapide dans de nombreux systèmes statistiques nationaux.

Au-delà de la mesure, le rapport introduit une dimension politique assumée. Il répond à une demande des États membres dans le cadre du Pacte pour l'avenir et sera examiné dans un processus intergouvernemental à l'Assemblée générale des Nations unies, avec l'implication de l'Espagne et du Guyana.

La démarche est également pensée dans une logique systémique. Le bien-être d'une nation ne dépend plus uniquement de ses choix internes, mais aussi de facteurs externes tels que le commerce, la finance, la technologie ou encore les chaînes de valeur mondiales.

Dans ce dispositif, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et plusieurs agences onusiennes accompagneront les pays pilotes dans l'expérimentation du cadre proposé.

La conclusion du rapport revient à une critique directe de la lecture traditionnelle de la croissance. ‘'Le PIB nous indique la vitesse de croissance d'une économie. Il ne nous dit ni vers où nous allons, ni ce que nous traversons, ni ce que nous laissons à la génération suivante'', insiste Pedro Manuel Moreno.

Une manière de rappeler que la performance économique, aussi robuste soit elle, ne suffit plus à définir à elle seule la notion de progrès.

Publié le 20/05/26 14:35

Dr Ange Ponou

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

Rah5o3YvhbwYNPX616nNYZmbeUL_SflvJdI0K7JCpWA False