Le Conseil des ministres du 22 juillet a adopté le projet de décret portant prorogation du permis d'exploitation d'hydrocarbures liquides et gazeux dit " M'Boundi ", présenté par le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga. Situé en zone onshore du bassin côtier, à 50 kilomètres de Pointe-Noire, ce gisement historique porté par Eni Congo constitue l'un des actifs pétroliers majeurs du pays. Le permis, initialement accordé en 2002, était arrivé à échéance le 14 juillet 2022, la demande de prorogation ayant été déposée par Eni Congo dès le 16 octobre 2021.
Ce décalage de trois ans entre la demande de prorogation et son adoption effective mérite d'être souligné pour les acteurs du secteur. Il signifie que le champ M'Boundi a continué de produire pendant cette période dans un cadre juridique non stabilisé, une situation qui, si elle n'est pas rare dans la gestion administrative des permis pétroliers en zone CEMAC, pose la question de la prévisibilité réglementaire offerte aux opérateurs internationaux engagés dans des investissements de long terme.
L'historique du permis traduit également la complexité capitalistique caractéristique des grands champs pétroliers congolais. Depuis son attribution initiale à Zetah Maurel & Prom en 2002, M'Boundi a connu plusieurs cessions et restructurations d'actionnariat : transfert à Zetah Kouilou Limited en 2003, entrée de la SNPC à hauteur de 8,9 % en 2005, rachat des actifs de Maurel & Prom par Eni en 2007, puis sortie de Tullow Congo Limited en 2017. Cette stabilité relative de l'opérateur historique, Eni, contraste avec les mouvements successifs des partenaires minoritaires, reflet des arbitrages stratégiques classiques dans l'industrie pétrolière amont.
Pour la SNPC, dont la participation s'est renforcée au fil des avenants successifs, la sécurisation de ce permis représente un enjeu de revenus directs pour l'État congolais, dans un contexte où la fiscalité pétrolière demeure une composante structurante des recettes budgétaires du pays. La prorogation confirme par ailleurs la volonté de maintenir la présence d'Eni, opérateur historique, sur un actif mature mais toujours producteur.
Cette décision s'inscrit dans la gestion du portefeuille de permis pétroliers congolais, où plusieurs autres titres arrivent ou arriveront à échéance dans les prochaines années. Le traitement réservé à M'Boundi, entre lenteur administrative et issue finalement favorable à l'opérateur en place, pourrait servir de référence pour la manière dont Brazzaville gère les prochains renouvellements, un signal que les investisseurs pétroliers de la sous-région suivront avec attention.
Publié le 01/08/26 08:55
La Rédaction
SN
CEMAC