La République du Congo tente de remodeler son calendrier de remboursement sur les marchés internationaux afin de créer des conditions plus favorables à la conclusion d'un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Brazzaville a annoncé le 12 mai une offre de rachat portant sur plus de 575 millions de dollars d'obligations arrivant à échéance en 2032, selon des informations publiées par Reuters.
L'opération concerne les eurobonds émis en 2022 avec un coupon de 9,875 %, puis réouverts en décembre 2025. Le gouvernement congolais propose aux détenteurs de ces titres " une prime de 1 040 dollars pour chaque tranche de 1 000 dollars de principal, majorée des intérêts courus ". Le rachat doit être financé par une nouvelle émission de dette en dollars dont " la durée de vie moyenne pondérée devrait être de huit ans ", précise encore Reuters.
À travers cette opération, le Congo cherche surtout à étaler ses futures obligations de remboursement alors que les discussions avec le FMI se poursuivent autour d'un nouveau programme d'appui financier. Reuters indique que cette initiative intervient " dans un contexte de discussions suivies avec le FMI concernant un éventuel nouveau programme d'aide ".
Le pays pétrolier d'Afrique centrale tente depuis plusieurs années de restaurer sa crédibilité financière après plusieurs épisodes de tensions sur sa dette extérieure. La volonté de réduire la pression des remboursements à moyen terme apparaît désormais au centre de sa stratégie de refinancement.
Brazzaville veut éviter un mur de remboursement en 2032
Dans les détails de l'opération, les autorités congolaises ont prévu un mécanisme destiné à réduire fortement, voire à faire disparaître, l'encours restant des obligations 2032. Reuters rapporte que " si le rachat laisse subsister moins de 25 % de l'encours des obligations 2032, le gouvernement a précisé qu'il avait l'intention de rembourser le solde à 100 % du principal, plus les intérêts courus ".
Le calendrier retenu montre l'urgence accordée à l'opération. L'offre de rachat doit expirer le 19 mai, tandis que le règlement-livraison est attendu " aux alentours du 26 mai ou plus tard, selon le calendrier de la nouvelle émission obligataire ", selon Reuters.
Brazzaville cherche ainsi à remplacer une dette existante par de nouveaux titres aux maturités plus longues afin d'éviter une concentration trop importante des remboursements au début de la prochaine décennie. Cette stratégie intervient alors que les finances publiques restent exposées à la volatilité des revenus pétroliers et à des contraintes persistantes sur l'économie domestique.
Le FMI a récemment estimé que les perspectives économiques du Congo demeuraient " fragiles ", évoquant " la faiblesse des investissements et les problèmes d'approvisionnement énergétique ". Reuters indique également que des équipes du Fonds sont attendues prochainement dans le pays pour poursuivre les discussions sur les réformes économiques susceptibles d'accompagner un nouveau programme.
Sur les marchés financiers, le profil de risque du Congo reste très dégradé. La République du Congo est actuellement notée CCC+ par S&P et Fitch, tandis que Moody's lui attribue la note Caa2. Les trois agences maintiennent toutefois une perspective stable.
L'opération en cours est pilotée par Citigroup, qui agit comme intermédiaire financier du rachat et unique teneur de livre pour la nouvelle émission obligataire envisagée.
Perton Biyiha
Publié le 12/05/26 17:36
La Rédaction
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CEMAC