Le groupe chinois China Railway Group Ltd. (CREC) négocie avec les autorités de la République démocratique du Congo afin de mettre sur pied un projet de mine de cuivre dont la capacité pourrait atteindre 500 000 tonnes par an, un niveau qui placerait le futur site parmi les plus importantes exploitations cuprifères au monde. L'information a été rapportée par Bloomberg, à la suite d'une rencontre entre des représentants du groupe chinois et le ministre congolais des Mines, Louis Watum.
Selon les déclarations du ministère des Mines relayées par l'agence américaine, " le projet serait développé dans la province du Kasaï-Oriental dans le cadre d'une coentreprise entre une filiale de CREC et la société publique Minière de Bakwanga (MIBA) ". Le choix de cette province marque un déplacement du centre de gravité de l'industrie cuprifère congolaise, historiquement concentrée dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, dans le sud-est du pays.
D'après Bloomberg, le ministère congolais des Mines indique que le président Félix Tshisekedi souhaite voir le dossier avancer rapidement. Aucune estimation officielle des investissements ni aucun calendrier de développement n'ont toutefois été communiqués à ce stade. L'arrivée d'un projet de cette envergure dans le Kasaï-Oriental constituerait une forme de diversification économique pour cette région principalement associée à l'exploitation du diamant à travers la MIBA, entreprise publique longtemps considérée comme l'un des symboles du secteur diamantifère congolais.
La Chine consolide sa position dans le cuivre congolais
Avec une production nationale qui a plus que triplé en une décennie, la RDC s'est imposée comme le deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili. Cette progression repose en grande partie sur les investissements chinois dans les mines et les infrastructures minières du pays.
Bloomberg rappelle ainsi que " les entreprises chinoises contrôlent une part importante de la production congolaise de cuivre grâce à leurs investissements dans les grandes mines et dans les infrastructures associées ". Parmi les principaux sites du pays figure Tenke Fungurume, contrôlé par CMOC Group, qui a produit 519 000 tonnes de cuivre l'an dernier. Le complexe Kamoa-Kakula, développé par Ivanhoe Mines et Zijin Mining, a, de son côté, atteint une production de 400 000 tonnes en 2025.
CREC est déjà solidement implanté dans le secteur minier congolais. Le groupe détient notamment une participation importante dans Sicomines, le projet sino-congolais dit " minerais contre infrastructures ", conclu il y a près de vingt ans entre Pékin et Kinshasa. Cette exploitation a produit près de 250 000 tonnes de cuivre l'année dernière. Le groupe chinois possède également des intérêts dans COMILU, une exploitation de plus petite taille.
Le futur projet du Kasaï intervient dans un contexte de compétition croissante autour des minerais stratégiques africains. Kinshasa et Washington ont signé, en décembre dernier, un partenariat minier accordant aux investisseurs américains un accès préférentiel à plusieurs ressources critiques congolaises, notamment le cuivre, le cobalt, le lithium et le tantale. À travers cette initiative, les autorités américaines cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d'approvisionnement dominées par la Chine pour les minerais nécessaires aux industries de la transition énergétique et des technologies avancées.
Perton Biyiha
Publié le 12/05/26 10:41
La Rédaction
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