Le fonds américain The Carlyle Group signe son grand retour dans les hydrocarbures africains. En négociation avancée avec Lukoil pour la reprise d'une partie substantielle de ses actifs internationaux, Carlyle se repositionne sur des périmètres à forte valeur amont. En Afrique centrale, la manœuvre place le Gabon, la République du Congo et la Guinée équatoriale en ligne de mire d'une recomposition actionnariale accélérée.
Les actifs concernés relèvent essentiellement de l'exploration-production offshore, avec des profils de maturité variés mais des flux encore significatifs. Un changement d'actionnaire majoritaire implique des renégociations contractuelles, des arbitrages sur les plans d'investissement et une attention accrue des États sur la continuité opérationnelle. Dans des économies où les hydrocarbures restent structurants pour les recettes publiques et la balance des paiements, l'arrivée du fonds américain de long terme va rebattre les cartes de la gouvernance des permis.
Au Gabon, actif de portefeuille de Lukoil, ce mouvement n'a rien d'inédit. Carlyle connaît bien le pays : le fonds y a longtemps été présent via Assala Energy, deuxième opérateur pétrolier du pays, qu'elle a cédé pour près de 600 milliards FCFA à l'État gabonais, avec l'appui du négociant Gunvor. Ce précédent éclaire la stratégie du fonds du groupe : entrer sur des actifs matures, optimiser la production et la structure financière, puis sortir lorsque les conditions politiques et économiques s'y prêtent. Un schéma que les autorités gabonaises connaissent désormais parfaitement.
Au Congo et en Guinée équatoriale, la perspective d'une reprise des actifs de Lukoil par Carlyle intervient dans un contexte de besoin de capitaux, de maintien de la production et de rationalisation des portefeuilles pétroliers. Pour les États, l'équation sera de sécuriser les investissements, préserver les revenus et renforcer la discipline contractuelle. Pour Carlyle, l'Afrique centrale redeviendrait un terrain d'opportunités ciblées, où le pétrole demeure un actif stratégique malgré la transition énergétique. Un retour qui confirme que, dans la CEMAC, l'upstream reste une valeur refuge pour les grands investisseurs internationaux.
Idrissa Diakité
Publié le 02/02/26 10:00
La Rédaction
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