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Le fonds panafricain d’infrastructure Africa50 veut porter sa levée de fonds à 400 millions USD dès juin

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Le véhicule d'investissement panafricain Africa50 accélère sa stratégie de financement des infrastructures africaines. Soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), le fonds d'accélération des infrastructures Africa50 Infrastructure Acceleration Fund (IAF) ambitionne de boucler une levée finale de 400 millions de dollars dès juin prochain, dans un contexte marqué par l'intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les actifs d'infrastructure en Afrique.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, le fonds avait déjà sécurisé 300 millions de dollars lors de sa troisième clôture en décembre dernier. L'objectif consiste désormais à attirer 100 millions de dollars supplémentaires afin d'atteindre sa taille cible.

Pour Sérgio Pimenta, directeur général d'Africa50, l'enjeu dépasse largement la simple collecte de capitaux. Il s'agit surtout de réorienter l'épargne institutionnelle africaine vers des projets capables de soutenir durablement la transformation économique du continent.

‘'Nous nous concentrons vraiment sur la mobilisation des ressources disponibles sur le continent'', a-t-il expliqué dans un entretien, insistant sur la nécessité d'utiliser les capitaux africains pour financer les besoins structurels de long terme.

Un gisement financier africain estimé à 4 000 milliards USD

Cette stratégie s'inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent. D'après un rapport d'Africa Finance Corporation, l'Afrique dispose désormais d'un réservoir financier domestique évalué à près de 4 000 milliards de dollars, détenus notamment par les banques, fonds de pension, compagnies d'assurances et fonds souverains.

Le défi n'est donc plus uniquement de lever des fonds, mais surtout de les canaliser efficacement vers des infrastructures rentables et structurantes. Routes, énergie, logistique portuaire, réseaux numériques ou encore infrastructures sociales apparaissent désormais comme des leviers prioritaires pour stimuler le commerce intra-africain et l'industrialisation.

Dans cette optique, Africa50 mise principalement sur des investisseurs institutionnels africains. Le tour de table actuel rassemble déjà 24 investisseurs, parmi lesquels des fonds souverains, des banques commerciales, des assureurs ainsi que plusieurs institutions financières de développement africaines.

Parmi elles figurent notamment la Development Bank of Southern Africa et la Arab Bank for Economic Development in Africa.

Une ouverture progressive aux investisseurs mondiaux

Si l'ancrage africain reste central, Africa50 souhaite néanmoins attirer davantage de capitaux internationaux lors de cette dernière phase de levée. Selon Sérgio Pimenta, ces investisseurs mondiaux pourraient apporter des capacités supplémentaires en matière de diversification, de gouvernance et de standards internationaux.

Le fonds pourrait à terme financer un portefeuille de projets évalué à environ 1 milliard de dollars, grâce à un effet de levier combinant capitaux propres, quasi fonds propres et cofinancements.

Africa50 privilégie des secteurs jugés stratégiques pour la compétitivité africaine, notamment l'énergie, les transports, la logistique, l'eau, l'assainissement et les infrastructures numériques.

Première opération dans la logistique portuaire marocaine

L'IAF a déjà amorcé ses premiers déploiements. L'an dernier, le fonds a signé son premier investissement en prenant une participation dans Mass Céréales al Maghreb, un acteur marocain spécialisé dans la manutention de céréales en vrac et la logistique portuaire.

Cette opération matérialise la volonté d'Africa50 de se positionner sur des infrastructures directement liées aux chaînes de valeur régionales et à la sécurité alimentaire.

Créé par 33 États africains et quatre institutions de financement du développement, Africa50 entend désormais inscrire son action dans la durée. Une fois les ressources du premier véhicule intégralement déployées, le groupe prévoit déjà le lancement d'un deuxième fonds, puis d'autres véhicules successifs.

Publié le 07/05/26 09:34

La Rédaction

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