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Le Gabon pourrait générer 4,4 milliards de dollars d'exportations supplémentaires d'ici 2030, selon l'Afreximbank

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Le Gabon exporte aujourd'hui pour 9,4 milliards de dollars par an. Il pourrait en exporter 13,8 milliards d'ici 2030. Entre les deux, un écart de 4,4 milliards de dollars que l'African Trade and Economic Outlook 2026 de l'Afreximbank documentait. Ce n'est pas un retard structurel. Loin s'en faut. C'est plutôt de la valeur qui existe mais ne se concrétise pas encore. Les ressources sont là, les marchés aussi. Ce qui manque, c'est la chaîne qui relie les deux : transformation locale, logistique, accès aux marchés régionaux.

Ce qui distingue le Gabon dans ce tableau africain, c'est son taux d'utilisation du potentiel exportateur : 68,1 %. Ce qui signifie que Libreville mobilise déjà plus des deux tiers de ce qu'il est capable d'exporter, bien plus que la moyenne de ses voisins d'Afrique centrale. Le problème n'est donc pas de démarrer, c'est de finir. Pour combler l'écart d'ici 2030, l'Afreximbank estime qu'il faudra une croissance annuelle des exportations de 6,6 %. C'est ambitieux, surtout au regard des ressources extractives disponnibles, mais pas hors de portée.

Le rapport cite d'ailleurs la décision gabonaise d'interdire l'exportation de manganèse brut à partir de janvier 2029 comme l'une des meilleures stratégies africaines de montée en gamme industrielle. Le principe : au lieu d'exporter le minerai brut à bas prix, le Gabon force la transformation sur place avant toute exportation, captant ainsi une valeur ajoutée qui partait jusqu'ici à l'étranger. Une décision rangée dans la même catégorie que celle de la Namibie sur le lithium et de la RDC sur le cobalt.

Le commerce intra-africain devrait atteindre 230 milliards de dollars en 2026, en hausse de 10 % sur l'année. Les pays qui auront structuré leur offre industrielle et transformée seront les mieux placés pour en capter les bénéfices. Pour Libreville, les 4,4 milliards de dollars d'écart ne se combleront pas en extrayant davantage, mais plutôt en comblant par une meilleure transformation et des exportations optimales. C'est d'ailleurs le sens des chantiers en cours et ceux annoncés.

Idrissa Diakité

Publié le 23/06/26 15:53

La Rédaction

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