Le Ghana entend davantage s'appuyer sur sa production d'or pour consolider ses réserves internationales. Au centre de cette stratégie, le Ghana Gold Board, plus connu sous le nom de GoldBod, doit désormais assurer l'acquisition, le regroupement et l'orientation vers le raffinage local d'une partie de l'or produit par les grandes compagnies minières du pays.
L'institution ghanéenne s'est associée au ministère des Finances, au ministère des Terres et des Ressources naturelles, à la Banque du Ghana et à la Chambre des mines du Ghana dans le cadre d'un protocole d'accord prévoyant de consacrer 30 % de la production d'or à grande échelle aux réserves stratégiques du pays. Une disposition qui confère à GoldBod une place déterminante dans la mise en œuvre de la politique d'accumulation accélérée des réserves nationales, connue sous l'acronyme GANRAP.
L'objectif fixé par les autorités est particulièrement ambitieux. Le Ghana veut porter ses réserves internationales à l'équivalent de 15 mois de couverture des importations à l'horizon 2028. Un niveau nettement supérieur au seuil généralement considéré comme nécessaire pour assurer une couverture adéquate des besoins extérieurs.
GoldBod devra ainsi jouer le rôle d'intermédiaire entre la production minière et la constitution des réserves nationales. L'institution sera chargée d'acheter et de regrouper l'or destiné à cet usage, avant d'en faciliter le raffinage sur le territoire ghanéen et son intégration dans les réserves du pays. Le dispositif doit permettre aux autorités de mieux valoriser une ressource qui constitue déjà l'un des principaux piliers de l'économie ghanéenne.
Cette nouvelle responsabilité vient compléter les missions déjà confiées à GoldBod. L'organisme intervient notamment dans la régulation du commerce de l'or, la formalisation de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle ainsi que le renforcement de la traçabilité du métal précieux. Avec le GANRAP, son rôle s'étend désormais directement à la gestion stratégique des ressources aurifères au service de la stabilité financière du pays.
Au-delà de l'accumulation de réserves, Accra cherche également à conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire. L'orientation de l'or acquis vers des unités de raffinage locales doit contribuer à réduire la dépendance à l'exportation de métal non raffiné et à renforcer progressivement la capacité du pays à maîtriser les différentes étapes de la chaîne de valeur aurifère.
Pour le Ghana, l'enjeu dépasse donc la seule augmentation du stock de réserves. Des avoirs extérieurs plus importants doivent offrir au pays une meilleure capacité à absorber les chocs externes, notamment en période de tensions sur les marchés internationaux. Ils peuvent également contribuer à soutenir la stabilité du cedi et à renforcer la confiance des investisseurs dans la capacité de l'économie à faire face à ses engagements extérieurs.
Le mécanisme doit enfin réduire la pression exercée sur les finances publiques lorsque le pays doit recourir à des financements extérieurs pour renforcer ses liquidités. En transformant une partie de sa production aurifère en actifs de réserve, le Ghana cherche ainsi à bâtir un coussin financier plus solide tout en exploitant davantage son principal atout minier.
Fanuelle YAO
Publié le 17/08/26 17:46
La Rédaction
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