menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

Le groupe Dangote envisage de nouvelles levées obligataires après son opération de 750 millions USD

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 15h52min

Après une première percée remarquée sur les marchés internationaux en avril, le groupe du milliardaire Aliko Dangote prépare déjà de nouvelles levées de fonds en dollars via des émissions obligataires afin de soutenir une stratégie d'expansion industrielle évaluée à au moins 40 milliards de dollars sur 5 ans.

Ce changement de paradigme marque un tournant pour l'empire industriel africain, longtemps financé principalement par les banques locales et les flux internes du groupe. Désormais, Dangote entend également se financer sur les marchés internationaux de capitaux afin d'alimenter des projets colossaux dans l'énergie, les engrais, les infrastructures portuaires et le gaz naturel liquéfié.

Une première opération internationale qui change la donne

Le déclic est venu de Dangote Fertilizer Ltd, exploitant de la plus grande usine d'urée du continent. En avril, la société a levé 750 millions de dollars via un placement obligataire privé auprès d'investisseurs internationaux.

Pour les marchés financiers, l'opération dépasse largement le simple cadre du financement d'une usine d'engrais. Elle consacre l'entrée du groupe Dangote dans une nouvelle dimension financière.

Cette émission obligataire constitue une étape essentielle pour ‘'établir une présence à long terme sur les marchés de capitaux internationaux'', selon Murat Erden, directeur financier du groupe, cité par Bloomberg.

Une stratégie calibrée pour attirer les grands investisseurs mondiaux

Le choix d'un placement privé plutôt qu'une émission ouverte à grande échelle n'est pas anodin. Dangote a volontairement limité le cercle des investisseurs afin de sélectionner des fonds susceptibles d'accompagner durablement ses futurs projets.

L'objectif est double : sécuriser des partenaires financiers de référence et bâtir progressivement une crédibilité internationale comparable à celle des grands groupes industriels mondiaux.

La stratégie semble déjà porter ses fruits. Émise au pair il y a quelques semaines, l'obligation se négocie désormais autour de 101,7 cents pour un dollar, d'après des données de Bloomberg, signe d'un intérêt croissant des investisseurs pour le risque Dangote.

Le groupe prévoit notamment de doubler la capacité de sa raffinerie géante de Lagos pour atteindre 1,4 million de barils par jour d'ici 2028, contre 650 000 actuellement. Si cet objectif est atteint, l'installation deviendrait l'un des plus importants complexes de raffinage au monde.

Parallèlement, Dangote veut porter sa production d'urée à 12 millions de tonnes par an à l'horizon 2030, tout en développant des activités dans le gaz naturel liquéfié et dans la production électrique avec la mise en place à terme d'une centrale gigantesque de 20 000 MW.

Le dollar comme bouclier financier

La logique des futures émissions obligataires repose également sur une gestion plus sophistiquée des risques financiers. En levant des fonds en dollars pour des activités générant elles-mêmes des revenus en devises, Dangote cherche à limiter son exposition aux fluctuations du naira nigérian.

Cette approche devient cruciale dans un contexte de forte volatilité monétaire au Nigeria, où la dépréciation de la devise a fortement affecté de nombreuses entreprises ces dernières années.

‘'Nous envisageons de manière opportuniste des émissions obligataires'', explique Murat Erden, afin d'aligner les financements sur les revenus en dollars et soutenir les investissements de long terme.

Publié le 07/05/26 16:31

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

wgAY1ZuR6zX0m3iR91FrBSlt7ddJcYevlVGhQYAwkGY False