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Le Ghana conclut un accord bilatéral de restructuration de sa dette avec Washington

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Le Ghana signe un accord bilatéral de restructuration de dette avec les États-Unis, portant sur les obligations souveraines ghanéennes dues à l'Export-Import Bank des États-Unis (EXIM Bank), dans un contexte de fortes tensions budgétaires et de pressions persistantes sur les finances publiques du pays.

L'accord paraphé ce 6 mai, selon une note de l'ambassade américaine à Accra, entre le ministre ghanéen des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, et le chargé d'affaires de l'ambassade des USA, Rolf Olson, vise à réaménager les engagements financiers du Ghana envers l'institution américaine de financement des exportations. Au-delà du simple rééchelonnement, cette entente s'inscrit dans une stratégie plus large de restructuration de la dette extérieure ghanéenne, alors que le pays tente de restaurer sa crédibilité financière auprès des bailleurs internationaux et des investisseurs.

Depuis plusieurs années, l'économie ghanéenne traverse une période de fortes turbulences marquée par l'explosion de la dette publique, l'affaiblissement du cedi, une inflation persistante et un durcissement des conditions financières mondiales. Face à cette situation, le gouvernement ghanéen a engagé un vaste programme de restructuration impliquant ses créanciers bilatéraux, multilatéraux et privés afin de rétablir la soutenabilité de sa dette.

L'accord conclu avec les États-Unis devrait offrir au Ghana un soulagement budgétaire à court terme, ainsi qu'une plus grande flexibilité dans le remboursement de ses obligations financières. Pour Accra, cette restructuration représente un levier important pour desserrer la pression sur les finances publiques et soutenir les efforts de stabilisation macroéconomique.

Mais derrière ce soutien financier, Washington envoie également un message clair aux autorités ghanéennes : la restructuration ne signifie pas un relâchement de la discipline budgétaire. Les autorités américaines ont insisté sur l'importance du remboursement ponctuel des dettes dues aux États-Unis, estimant que cette condition demeure essentielle à la poursuite des relations commerciales et économiques entre les deux pays. ‘'Le paiement à temps de la dette américaine est essentiel pour nous permettre de faire des affaires au Ghana'', a souligné l'ambassade américaine.

Les États-Unis ont également appelé le Ghana à accélérer le règlement des arriérés dus aux entreprises américaines ainsi qu'aux établissements d'enseignement supérieur américains. Cette position reflète une tendance de plus en plus visible dans les négociations internationales sur la dette : les pays créanciers conditionnent désormais davantage leurs concessions financières à des engagements stricts en matière de gouvernance budgétaire, de réformes structurelles et d'assainissement financier.

Pour les analystes, cet accord avec Washington ne constitue qu'une étape dans un processus beaucoup plus large et complexe. Le Ghana devra encore poursuivre ses discussions avec ses autres créanciers, afin d'obtenir une restructuration globale capable de restaurer durablement la viabilité de sa dette. Les économistes rappellent que les difficultés actuelles du pays trouvent leur origine dans plusieurs années de déficits budgétaires élevés, aggravés par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts d'emprunt internationaux et la dépréciation continue du cedi. Cette combinaison a considérablement augmenté le coût du service de la dette extérieure et réduit les marges de manœuvre financières de l'État. Dans ce contexte, les réformes économiques engagées par Accra seront déterminantes pour rétablir la confiance des investisseurs et stabiliser l'économie nationale.

Publié le 07/05/26 15:41

Narcisse Angan

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